Brésil

26 février 2019 19:57; Act: 27.02.2019 09:51 Print

Il veut filmer les élèves qui chantent l'hymne

Une mesure qui devrait marquer la «nouvelle ère» du Brésil sous Bolsonaro défraie la chronique.

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«Le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus de tous». Ce slogan de Bolsonaro devra être lu devant les élèves.

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Le ministre de l'Éducation du Brésil a suscité une vive polémique en préconisant de filmer les élèves chantant l'hymne national pour saluer la «nouvelle ère» ouverte avec le gouvernement du président d'extrême droite Jair Bolsonaro. Dans une circulaire, le ministre Ricardo Velez Rodriguez recommande également la lecture devant les élèves d'un message citant le slogan «le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus de tous», utilisé par M. Bolsonaro, durant sa campagne électorale.

«Brésiliens, nous allons saluer la nouvelle ère qui s'ouvre au Brésil et célébrer l'éducation responsable et de qualité que nous allons mettre en œuvre pour vous, les élèves, qui constituent la nouvelle génération», a affirmé tard, lundi, le ministre dans un message. La circulaire incite également des membres du personnel des établissements à filmer les élèves chantant l'hymne et à envoyer les vidéos par courriel au ministère de l'Éducation ou au service de communication de la présidence.

De quoi susciter des rumeurs d'une utilisation des images à titre de propagande. Face aux protestations d'enseignants et de représentants de l'opposition, le ministère a précisé dans un communiqué que les images des enfants ne seraient diffusées «que si les parents en donnent l'autorisation».

«Le Brésil au-dessus de tout»

Le communiqué explique également qu'il s'agit d'une demande facultative «qui fait partie d'une politique de mise en valeur des symboles nationaux». Le député Marcelo Freixo, du PSOL (gauche), a qualifié sur Twitter le «comportement» du ministre de l’Éducation d'«inacceptable». Il a également annoncé qu'il saisirait le parquet fédéral pour «violation des principes constitutionnels d'impartialité», considérant que le message du ministre était un «affront à l’État laïc» et visait «à faire la propagande du gouvernement».

La circulaire a aussi fait grincer des dents dans le camp du président. Janaina Paschoal, célèbre avocate élue députée de l'État de Sao Paulo sous la bannière du PSL, le parti de Jair Bolsonaro, a admis que le message était «surréaliste», même si elle a critiqué la réaction «disproportionnée» de l'opposition. Depuis son arrivée au pouvoir le 1er janvier, le gouvernement Bolsonaro s'est lancé dans une croisade contre «l'endoctrinement marxiste» dans les écoles et les universités.

(L'essentiel/afp)