Père et sa fille noyés

01 juillet 2019 08:04; Act: 01.07.2019 09:38 Print

«Il y a tous les jours des morts ou un disparu»

Les corps du père et de sa fille qui s'étaient noyés en tentant de traverser le Rio Grande à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, ont été rapatriés dimanche.

Sur ce sujet
Une faute?

La photo des corps du père, Oscar Alberto Martinez, 25 ans, et de sa petite fille Angie Valeria, qui allait avoir 2 ans, gisant au bord du Rio Grande avait suscité l'émotion de la communauté internationale. Elle est devenue un symbole du drame de l'immigration vers les États-Unis.

Des corbillards accompagnés d'une longue caravane ont ramené les corps au village de La Hachadura, près de la frontière du Guatemala. Les victimes seront enterrées lundi, dans un cimetière de la périphérie de la capitale San Salvador, après avoir été veillées durant la nuit dans un funérarium.

Une «icône»

Les deux migrants se sont noyés le 23 juin et leurs corps ont été découverts sur la rive mexicaine du Rio Grande, dans les environs de Matamoros, dans l’État mexicain de Tamaulipas. «Oscar et son bébé sont devenus une icône qui attire l'attention au niveau national et international sur le drame de la migration, qui se produit depuis longtemps», a déclaré à l'AFP, Cesar Rios, directeur de l'Institut salvadorien du migrant (Insami).

Il a souligné que dans le flux de migration venant du Salvador et des autres pays d'Amérique centrale vers les États-Unis, «il y a tous les jours un mort ou un disparu» en raison des multiples risques que rencontrent les candidats à l'émigration.

«Garantir une vie digne»

Le cas d'Oscar Martinez et de sa fille illustre «l'inefficacité des politiques menées par les gouvernements» qui ne parviennent pas à «garantir une vie digne» à leurs citoyens et «la possibilité pour les jeunes de se projeter dans l'avenir», a estimé M. Rios. Il a rappelé que la majorité des flux migratoires vers les États-Unis sont dus à la pauvreté et à l'insécurité qui règnent dans les pays de départ.

«Le Salvador est en deuil», a déclaré Miguel Montenegro, coordinateur de la commission des droits de l'homme (CDHES), une ONG salvadorienne. «La mort d'Oscar et de sa fille oblige à une réflexion sur les causes qui provoquent le départ des personnes» vers l'exil, a-t-il dit.

Le niveau de pauvreté et le «désespoir» de ne pas pouvoir améliorer leurs conditions de vie sur place sont tels que les gens n'hésitent pas à risquer leur vie pour y échapper, a souligné M. Montenegro. Tant que persisteront les causes qui poussent à l'exode, le Salvador continuera à déplorer des tragédies, a-t-il ajouté.

(L'essentiel/afp)