Pacifique

25 novembre 2021 07:12; Act: 25.11.2021 09:39 Print

Îles Salomon: de nouvelles émeutes frappent la capitale

Plusieurs bâtiments ont été incendiés, jeudi, à Honiara, et des milliers de manifestants ont envahi le quartier chinois de la ville, exigeant la démission du Premier ministre.

storybild

Des images retransmises en direct ont montré des bâtiments en flammes et le panache d’une épaisse fumée noire s’élevant au-dessus de la capitale. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Des témoins et des médias locaux ont fait état d’une foule bravant le couvre-feu, imposé à la suite des émeutes de la veille, pour descendre dans les rues. Des images retransmises en direct ont montré des bâtiments en flammes et le panache d’une épaisse fumée noire s’élevant au-dessus de la capitale.

Mercredi, des centaines de personnes ont manifesté, réclamant la démission du Premier ministre Manassah Sogavare, avant de se rendre dans le quartier chinois de Honiara, où ils ont brûlé un poste de police et pillé des commerces jusqu’à l’intervention de la police avec des gaz lacrymogènes. Suite à ces incidents, Manassah Sogavare a ordonné un couvre-feu immédiat à Honiara, déplorant un «événement triste et malheureux visant à faire tomber un gouvernement démocratiquement élu».

Des manifestants venus de l’île voisine de Malaita auraient pris part à ces violences pour protester contre la décision, en 2019, de transférer sa reconnaissance diplomatique de Taïwan à la Chine. Les Salomon avaient choisi de reconnaître Taïwan en 1983 et beaucoup d’habitants de Malaita entretenaient des relations étroites avec Taipei. Le gouvernement de cette île a régulièrement reproché à Honiara de s’être ainsi rapproché de Pékin.

Violences inter-ethniques

Cet archipel du Pacifique, indépendant de la Grande-Bretagne depuis 1978, avait sombré dans des violences inter-ethniques au début des années 2000. De nouvelles tensions avaient entraîné le déploiement entre 2003 et 2013 d’une force de paix dirigée par l’Australie.

Des émeutes avaient notamment éclaté dans le quartier chinois de Honiara lors des élections législatives de 2006, à la suite de rumeurs selon lesquelles des entreprises proches de Pékin avaient truqué le vote.

Le leader de l’opposition, Matthew Wale, a exhorté Manassah Sogavare à la démission, assurant que les troubles ne cesseraient pas avec un couvre-feu encadré par la police. «Malheureusement, les frustrations et la colère rentrée du peuple contre le Premier ministre se répandent de manière incontrôlable dans les rues, où des opportunistes profitent de la situation», a-t-il déclaré dans un communiqué.

(L'essentiel/afp)