Au Brésil

21 novembre 2019 10:11; Act: 21.11.2019 10:28 Print

«Ils volent très bas, tout le monde est effrayé»

Des hélicoptères de la police sèment la terreur dans les favelas de Rio, sous la coupe de gangs. Les enfants craignent les balles perdues.

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Les raids aériens des forces de l'ordre ont commencé à se multiplier depuis l'arrivée du nouveau président. (photo: Jefferson Bernardes)

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Pour les habitants des favelas de Rio de Janeiro en proie à la violence, le danger vient aussi du ciel, avec des snipers de la police qui tirent, depuis des hélicoptères, près des crèches ou des écoles, comme dans un pays en guerre. «Quand ils volent en rase-motte, on a l'impression qu'ils vont se poser sur nos maisons. Le bruit est assourdissant et les vitres tremblent», explique Thais Custodio, une habitante de Maré, un ensemble de 16 favelas regroupant plus de 140 000 personnes, près de l'aéroport international de la capitale touristique du Brésil.

Au détour des ruelles où pendent des fils électriques emmêlés, il n'est pas rare d'apercevoir des jeunes armés de fusils d'assaut, dans cette zone sensible où une artère surnommée la «Bande de Gaza» délimite les territoires contrôlés par deux gangs rivaux de narcotrafiquants. Les habitations souvent précaires dans les favelas de Maré ont été bâties sur une surface plane, une topographie qui facilite les raids d'hélicoptères, contrairement à d'autres quartiers pauvres installés sur les flancs raides des collines.

«Ils volent très bas»

En 2009, un hélicoptère de la police avait été abattu par des narcotrafiquants qui tiraient depuis une colline du nord de Rio, un épisode qui avait fait trois morts et laissé des traces. Mais dix ans plus tard, les raids aériens des forces de l'ordre ont commencé à se multiplier. D'après l'ONG locale Redes da Maré, des hélicoptères ont été utilisés lors de huit des 21 opérations policières qui ont fait 15 morts au total dans l'ensemble de favelas de Maré au premier semestre. Des raids aériens n'avaient eu lieu que lors de trois opérations pour l'ensemble de 2018.

Pour Camila Barros, qui mène des recherches et collecte des données sur la sécurité pour Redes da Maré, rien ne permet de savoir si des tirs provenant d'hélicoptères ont été mortels. Selon elle, les aéronefs servent surtout à repérer les narcotrafiquants et les tirs à les faire fuir.

«Guerre civile»

«Ils volent très bas, en faisant des mouvements circulaires, pour acculer des suspects et les rabattre vers des agents au sol qui se chargent des exécutions», explique Camila Barros. «En juin, nous sommes allés sur les lieux d'une opération quelques heures plus tard et nous avons vu plus de cent impacts de balles», raconte-t-elle.

Pour Silvia Ramos, spécialiste du Centre de recherches sur la sécurité et la citoyenneté (Cesec), le recours accru aux hélicoptères est directement lié à l'arrivée en janvier d'un nouveau gouverneur à la tête de l’État de Rio de Janeiro, Wilson Witzel. Adepte d'une ligne dure proche de celle du président d'extrême droite, Jair Bolsonaro, il a défrayé la chronique en mai, en apparaissant sur une vidéo à bord d'un hélicoptère dans lequel des policiers tiraient sur une favela.

Utilisation fréquente

«Auparavant, l'utilisation des hélicoptères était une exception, mais elle est de plus en plus fréquente avec ce gouvernement», dit Silvia Ramos. «On observe une multiplication des opérations meurtrières et qui sèment la terreur», ajoute-t-elle, soulignant l'effet psychologique des raids aériens sur les habitants.

Comment justifier un usage de la force digne des zones de conflits les plus violents de la planète? «Nous sommes en guerre civile», a affirmé à l'AFP le député de droite Capitao Augusto, un des leaders du lobby des pro-armes du Parlement. «Si une personne est armée d'un fusil d'assaut, elle représente un danger et doit être abattue, peu importe si c'est par un sniper, un drone ou depuis un hélicoptère», ajoute-t-il.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Grand Maître le 21.11.2019 10:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Après face aux gangs quels sont les autres moyens ??? Chez nous ils prennent de l'ampleur et quand il faudra les déloger ce sera pareil on Le voit déjà lors de certaines interventions en banlieue. Même les pompiers, les gendarmes, à police se fait tirer dessus. Alors dans les favelas réfléchissez un peu avant de vous émouvoir Pour les criminels armés ! Oui je sais il y a la population non criminelle, mais là que faire.?

  • fidelOpost le 21.11.2019 17:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Incroyable ta vision et ton point de vue. C est parce que c est plus facile et que cela rapporte gros qu une partie de la population a décidé vivre de la criminalité. De même que de se cacher au milieu de gens honnêtes et de les utiliser comme bouclier humain. Le problème est aussi la responsabilité des gouvernements qui les ont laissés s installer, grandir et prendre le pouvoir des favelas. Même scénario pourrait se développer dans les banlieues françaises

Les derniers commentaires

  • fidelOpost le 21.11.2019 17:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Incroyable ta vision et ton point de vue. C est parce que c est plus facile et que cela rapporte gros qu une partie de la population a décidé vivre de la criminalité. De même que de se cacher au milieu de gens honnêtes et de les utiliser comme bouclier humain. Le problème est aussi la responsabilité des gouvernements qui les ont laissés s installer, grandir et prendre le pouvoir des favelas. Même scénario pourrait se développer dans les banlieues françaises

  • Grand Maître le 21.11.2019 10:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Après face aux gangs quels sont les autres moyens ??? Chez nous ils prennent de l'ampleur et quand il faudra les déloger ce sera pareil on Le voit déjà lors de certaines interventions en banlieue. Même les pompiers, les gendarmes, à police se fait tirer dessus. Alors dans les favelas réfléchissez un peu avant de vous émouvoir Pour les criminels armés ! Oui je sais il y a la population non criminelle, mais là que faire.?

    • Gregory le 21.11.2019 13:36 Report dénoncer ce commentaire

      Pour moi Grand Maître c'est le résultat d'une trop grande différence entre les richesses. Trop de pauvreté engendre la violence. Pour quelqu'un qui a faim, dealer, voler etc est sa seule facon de survivre si il n'y a pas de travail ni d'horizon meilleurs. De moins en moins de classe moyenne et voilà le résultat. Trop de richesse entre les mains de quelques personnes et les autres font ce qu'ils peuvent pour survivre