Barack Obama

29 août 2013 07:42; Act: 29.08.2013 11:36 Print

«Je n'ai pas encore pris de décision»

Le président américain a indiqué mercredi qu'il ne s’était pas encore décidé sur la réaction américaine à l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, mais évoqué un «coup de semonce» destiné à en dissuader Damas.

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«Je n'ai pas encore pris de décision» sur une action en Syrie, a indiqué le dirigeant à l'antenne de la télévision publique PBS, ses premiers commentaires publics depuis vendredi dernier sur ce dossier. Pendant le week-end, alors qu'émergeaient les détails de l'attaque qui aurait fait plusieurs centaines de morts le 21 août près de Damas, les États-Unis ont considérablement durci le ton contre la Syrie, au point qu'une intervention armée, comme des tirs de missiles de croisière contre des équipements ou symboles du pouvoir de Bachar el-Assad semblent désormais probable à court terme.

Le président Obama a toutefois rejeté l'idée d'une intervention américaine destinée à appuyer la rébellion, alors que le pouvoir syrien est en butte à une révolte populaire déclenchée début 2011. Cette dernière s'est militarisée et a dégénéré en guerre civile qui a fait plus de 100 000 morts selon l'ONU. Un «engagement direct militaire» des États-Unis dans la guerre civile «ne serait pas bénéfique à la situation sur le terrain», a-t-il estimé. L'idée sous-jacente à la réaction des États-Unis serait, a-t-il expliqué, que le gouvernement syrien «reçoive un message assez fort sur le fait qu'il ferait mieux de ne pas recommencer». M. Obama a indiqué que les États-Unis «ont conclu que le gouvernement syrien a bien commis cela, et que donc, il faut qu'il y ait des conséquences internationales».

Relations dégradées avec la Russie

«Je ne souhaite pas un conflit sans fin en Syrie, mais (...) lorsque des pays violent les règles internationales sur des armes comme des armes chimiques qui pourraient nous menacer, il faut qu'ils rendent des comptes», a-t-il insisté. Punir le gouvernement Assad «ne résoudra pas tous les problèmes de la Syrie. Évidemment, cela ne mettra pas fin aux morts de civils innocents en Syrie», a-t-il concédé. «Nous espérons qu'une transition se produira en fin de compte en Syrie, et nous sommes prêts à travailler avec tout le monde, les Russes et les autres pour essayer de rassembler les parties pour trouver une solution au conflit», a assuré M. Obama, alors que les relations avec Moscou, allié indéfectible de Damas, se sont de son propre aveu fortement dégradées depuis le retour à la présidence de Vladimir Poutine en mai 2012.

Mais «nous voulons que le régime Assad comprenne qu'en ayant recours à des armes chimiques à grande échelle contre son propre peuple, contre des femmes, des bébés, des enfants, il ne fait pas que violer les règles internationales et les critères de décence, mais qu'il crée aussi une situation dans laquelle les intérêts nationaux américains sont affectés, et il faut que cela cesse», a-t-il martelé.

«Pas une répétition de l'Irak»

Le soutien de la Russie au gouvernement de Damas semble fermer aux États-Unis la possibilité de voir le Conseil de sécurité des Nations unies donner un feu vert à une intervention en Syrie, ce qui semble présager une action unilatérale de Washington. M. Obama, opposé il y a dix ans à l'invasion de l'Irak par l'administration de son prédécesseur républicain George W. Bush, qui s'était passé de l'autorisation de l'ONU, a rejeté d'avance la comparaison historique.

Il a évoqué «une approche limitée, sur mesure» pour «ne pas nous retrouver entraînés dans un long conflit, pas une répétition de l'Irak, ce qui inquiète beaucoup de monde». «Si nous envoyons un coup de semonce pour dire "arrêtez", nous pouvons avoir un impact positif sur notre sécurité nationale à long terme», a argumenté le président.

(L'essentiel Online/AFP)