Recruteur de mannequins

16 août 2019 18:50; Act: 16.08.2019 18:52 Print

Jean-​​Luc Brunel, au cœur de l'affaire Epstein

Le Français, recruteur de mannequins, est un personnage central dans l'affaire Jeffrey Epstein, poursuivi pour viols sur mineures et retrouvé mort la semaine dernière.

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La disparition du financier Jeffrey Epstein, retrouvé mort dans sa prison de Manhattan samedi matin, a jeté une lumière crue sur Jean-Luc Brunel, patron de l’agence de mannequins MC2 ( à droite). (photo: AFP)

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Au cœur de l'affaire Jeffrey Epstein, poursuivi pour viols sur mineures et retrouvé mort en prison la semaine dernière à New-York, figure un Français, proche du milliardaire américain, Jean-Luc Brunel, recruteur international de mannequins, accusé de viols et d'avoir fourni des jeunes filles à son ancien ami. Ce retentissant scandale de trafic sexuel d'adolescentes a d'abord pour cadre les Etats-Unis, notamment les propriétés de M. Epstein à Manhattan et en Floride ou à bord de son jet surnommé «Lolita Express».

Mais une partie des faits a pu se dérouler dans son appartement de l'avenue Foch, près de l'Arc de Triomphe, longtemps fréquenté Jean-Luc Brunel. «Il appartient aux enquêteurs (...) de faire la lumière sur l'usage de l'appartement acquis par monsieur Epstein», avait indiqué le 23 juillet l'association Innocence en danger en réclamant une enquête au parquet de Paris. Jeffrey Epstein, membre de la jet-set américaine dont l'entourage a compté un temps Bill Clinton, Donald Trump ou encore le prince Andrew, fils de la reine Elizabeth II, sollicitait très régulièrement des «massages» qui, selon l'enquête américaine, tournaient aux rapports sexuels forcés.

«Esclave sexuel»

À la rubrique «massages» de son carnet d'adresses, révélé en 2015 par le site américain Gawker, une trentaine de noms figure au chapitre «France». Autant d'éléments qui pourraient conduire le parquet de Paris à ouvrir une enquête, comme le réclament deux membres du gouvernement. Le parquet a répondu qu'il effectuait des vérifications avant de se prononcer sur cette éventualité. Jean-Luc Brunel, septuagénaire disparu des radars, serait-il le premier concerné par une telle procédure en France? Le nom du fondateur en 1978 de la prestigieuse agence Karin Models, parti aux Etats-Unis lancer MC2 Model Management, apparaît en effet dès la première enquête sur M. Epstein, en 2007-2008.

Des extraits en ont été révélés en 2015 grâce à la procédure civile lancée par Virginia Roberts Giuffre, une femme qui affirme avoir été l'«esclave sexuel» du milliardaire et avoir été forcée à coucher avec M. Brunel. À l'époque, au moins deux messages troublants ont été retrouvés par la police de Floride, dont celui-ci, noté en 2015 par un domestique après un coup de fil de «Jean-Luc»: «Il a une prof pour vous, pour vous apprendre à parler russe. Elle a 2x8 ans, pas blonde. Les leçons sont gratuites et vous pouvez avoir la première aujourd'hui si vous appelez». Pour les avocats de Mme Giuffre, il s'agirait de la mise à disposition d'une Russe de 16 ans pour un de ces «massages» suspects.

(L'essentiel/afp)