Au Canada

14 août 2019 21:30; Act: 14.08.2019 21:33 Print

Justin Trudeau est accusé de conflit d'intérêts

Le commissaire à l'éthique canadien estime que le Premier ministre a abusé de sa position pour tenter d'éviter un procès à géant de l'industrie.

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Justin Trudeau a toujours nié avoir agi de manière inappropriée.

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Justin Trudeau a violé la loi sur les conflits d'intérêt en tentant de faire pression sur sa ministre de la Justice dans une procédure judiciaire, a conclu mercredi un rapport du Commissaire à l'éthique: un coup dur pour le Premier ministre canadien à deux mois de législatives indécises. Ce rapport, rédigé par un haut-fonctionnaire indépendant relevant du Parlement, risque de relancer la polémique sur ce scandale qui a secoué le gouvernement libéral de Justin Trudeau en début d'année. M. Trudeau, qui indique «assumer la responsabilité de ses erreurs» encourt une amende pouvant aller jusqu'à 500 dollars (449 euros environ), mais les conséquences politiques risquent d'être plus lourdes.

Le Premier ministre canadien et son entourage avaient été plongés en février dans la pire crise politique de son mandat après avoir été accusés par l'ex-ministre de la Justice et procureure générale Jody Wilson-Raybould d'avoir exercé sur elle des pressions «inappropriées» pour éviter un procès au géant de l'ingénierie SNC-Lavalin, ce qu'elle a refusé de faire. «La position d'autorité dont bénéficient le premier ministre et son Cabinet ont servi à contourner, à miner et finalement à tenter de discréditer la décision de la directrice des poursuites pénales ainsi que l'autorité de Mme Wilson-Raybould», a estimé dans un communiqué Mario Dion, Commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique.

Scandale SNC-Lavalin

L'entourage de M. Trudeau a ainsi «demandé de façon irrégulière à la procureure générale de tenir compte d'intérêts politiques partisans dans cette affaire, ce qui va à l'encontre des principes constitutionnels bien établis encadrant l'indépendance du poursuivant et la primauté du droit», précise le communiqué. «M. Trudeau était, en sa qualité de premier ministre, le seul titulaire de charge publique en mesure d'exercer une influence sur la décision de la procureure générale relativement à son éventuelle intervention dans un dossier lié à une poursuite criminelle», selon le communiqué.

SNC-Lavalin a tenté d'obtenir du gouvernement un règlement à l'amiable des accusations de fraude et de corruption liées à ses activités en Libye, ce qui lui aurait permis de payer une amende et d'éviter des sanctions plus sévères en cas de procès. M. Trudeau a toujours nié avoir agi de manière inappropriée, mettant en avant les nombreuses pertes d'emplois liées à une éventuelle condamnation, qui aurait privé l'entreprise de juteux contrats publics pendant 10 ans. Mais son image affichée d'exemplarité en est sortie écornée. En tête des sondages depuis son élection en 2015 face aux conservateurs, Justin Trudeau avait vu son taux d'approbation chuter dans le sillage de cette affaire.

(L'essentiel/afp)