Attaques en série

30 janvier 2018 09:38; Act: 30.01.2018 11:54 Print

Kaboul pourrait devenir un «champ de bataille»

Talibans et militants du groupe État islamique noient depuis plusieurs jours la capitale afghane sous des attaques sanglantes en série, semant l'effroi au plus haut niveau.

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Kaboul a été visée par plusieurs attaques meurtrières ces derniers jours. (photo: AFP)

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À trois reprises en dix jours, l'EI et les Talibans ont déjoué les défenses de la capitale Kaboul, barrages et murs antiexplosion, pour tuer et blesser des centaines de civils, y compris des étrangers. La violence qui secoue l'Afghanistan n'est pas nouvelle, mais pour les observateurs elle est exacerbée par l'EI qui multiplie depuis l'été 2016 les attentats en ville. Il n'y a aucune raison de penser que les Talibans et l'EI coopèrent pour harceler Kaboul ni davantage qu'ils sont en compétition, mais «l'effet cumulé de leurs attaques est dévastateur», estime Michael Kugelman, analyste du Wilson Center à Washington.

Dans la guerre que mènent les talibans au gouvernement afghan et aux forces occidentales qui le soutiennent, ou dans les tentatives de l'EI d'élargir ses bastions toujours modestes dans le pays, Kaboul est une cible de plus en plus attrayante, explique Borhan Osman, analyste de l'International Crisis Group. Surtout avec l'augmentation des raids aériens américains.

Corruption

Pourtant, des dizaines de barrages, caméras et barrières de sécurité anticamions ont été installés au centre-ville et dans la zone diplomatique. Les poids lourds arrivant dans Kaboul sont censés être contrôlés à l'entrée et de nouveau soumis à la fouille, aux chiens et rayons X avant d'accéder à la zone verte. Ce qui se traduit par des files de centaines de camions aux barrages et des heures d'attente et de bouchons.

Mais l'EI est parvenu à recruter de jeunes urbains, étudiants, professeurs, commerçants qui restent discrets et les aident à préparer les attaques. Leur capacité à tromper la vigilance des services de sécurité a mis en lumière de graves failles au sein même de ces services et peut-être aussi de complicités. Le ministère de l'Intérieur est de longue date considéré comme le plus corrompu de tous et dénoncé comme tel par le président Ashraf Ghani lui-même. Ces déclarations montrent à quel point les officiels sont sur la défensive.

«Ils peuvent transformer Kaboul en champ de bataille», redoute Borhan Osman.

(L'essentiel/AFP)