Présidentielle au Brésil

07 septembre 2018 07:45; Act: 07.09.2018 12:30 Print

L'agresseur de Bolsonaro a agi «sur ordre de Dieu»

Pedro Augusto Lima Possa, qui a poignardé jeudi le candidat d'extrême droite à la présidentielle au Brésil, a expliqué à la police les raisons de son geste.

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L'homme qui a poignardé jeudi le candidat d’extrême droite à la présidentielle au Brésil Jair Bolsonaro a dit avoir agi «pour raisons personnelles» et «sur l'ordre de Dieu», selon un rapport préliminaire de la police militaire. «Il nous a dit que l'attentat avait été motivé par des raisons personnelles, que nous n'avons pas pu comprendre», parce qu"«il disait aussi à certains moments qu'il avait agi "sur l'ordre de Dieu"», lit-on dans le rapport de la police militaire du Minas Gerais (sud-est), divulgué après l'attaque contre le député dans la ville de Juiz de Fora. Selon la reconstitution des faits, survenus vers 15h (20h au Luxembourg), l'assaillant, Adelio Bispo de Oliveira, 40 ans, «est sorti de chez lui avec un couteau» pour rejoindre la marche de sympathisants de M. Bolsonaro.

Des images tournées avec des smartphones et postées sur les réseaux sociaux montrent comment l'agresseur a attendu le moment où le candidat, porté sur des épaules de sympathisants, passait à côté de lui, pour le frapper à l'abdomen alors qu'il levait les bras. Dans des déclarations à TV Globo, l'avocat de l'agresseur, Pedro Augusto Lima Possa, a déclaré que celui-ci l'avait assuré avoir agi «pour des motifs religieux, de type politique et également en raison des préjugés que montre Bolsonaro à chaque fois qu'il parle de race, de religion et des femmes». L'ex-capitaine de l'armée est un admirateur de la dictature militaire (1964-85) et est un habitué des saillies racistes, misogynes et homophobes.

Un témoin de l'attentat a dit que l'assaillant s'était approché de M. Bolsonaro «avec le couteau dans une main enroulée apparemment dans une chemise de couleur claire». Après, une foule importante a crié «Tu vas mourir» en direction de l'assaillant et l'a attrapé et brutalisé, avant qu'il ne soit amené dans un commissariat de la police fédérale. Dans une vidéo de la police obtenue par l'AFP, le suspect, assis par terre, vêtu d'un jean et torse nu sous un blouson, explique aux policiers qui l'interrogent qu'il a agi seul. «Personne ne m'a rien demandé. Celui qui m'a commandé, c'est le Dieu que je sers». Sur son profil Facebook, Bispo de Oliveira a posté récemment divers messages critiques envers M. Bolsonaro. Il a activement publié des posts à contenu politique favorables à la gauche au Brésil et au gouvernement du président vénézuélien Nicolas Maduro. L'agresseur a milité au sein du parti de gauche PSOL de 2007 à 2014, a confirmé à l'AFP, le Tribunal supérieur électoral (TSE).

(L'essentiel/afp)