Pakistan

30 janvier 2018 16:03; Act: 30.01.2018 16:23 Print

L'alpiniste miraculée menacée d'amputation

La Française Elisabeth Revol avait dû être secourue par l'armée pakistanaise sur le Nanga Parbat. Son compagnon de cordée n'a pas été retrouvé.

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Elisabeth Revol, l'alpiniste française secourue ce week-end lors d'une périlleuse opération sur le Nanga Parbat, l'un des plus hauts sommets du monde, a quitté le Pakistan ce mardi, promettant de revenir y escalader d'autres montagnes.

La jeune femme a été sauvée alors qu'elle se trouvait à très haute altitude sur les flancs de ce sommet de l'Himalaya pakistanais (8 125 mètres), surnommé la «montagne tueuse», grâce à l'intervention d'un groupe de 4 alpinistes polonais acheminés par air depuis le camp de base d'un autre géant situé non loin, le K2.

Elle veut revenir

«Au revoir le Pakistan, je reviendrai grimper des montagnes au Pakistan mais pas le Nanga Parbat», a déclaré Elisabeth Revol dans un message diffusé par le Club Alpin Pakistanais à l'occasion de son départ. «Remerciements à tous les responsables, y compris l'armée pakistanaise, le Club Alpin Pakistanais et les autorités locales», a-t-elle ajouté dans son message.

«Mme Revol a quitté le Pakistan à 3h du matin (mardi) avec pour ambition de revenir bientôt», a déclaré Karrar Haidri, porte-parole du Club Alpin Pakistanais, précisant qu'elle se rendait en France après un atterrissage à Genève.

«Je préfère être pessimiste»

Pour Elisabeth Revol, il s'agit désormais d'une course contre la montre pour éviter l'amputation. Elle souffre d'engelures sévères aux mains et aux orteils après avoir subi des températures de -50°C. «C'est une course contre la montre. Le pied est particulièrement touché.

En temps normal, ce type de gelure évolue vers l'amputation, explique au Parisien un médecin spécialiste des pathologies de l'altitude et du froid qui a eu Elisabeth Revol au téléphone. J'ai transmis un protocole de soins à mon confrère pakistanais pour appliquer le traitement le plus rapidement possible. Je préfère être pessimiste, en espérant une bonne surprise selon l'évolution des gelures».

L'opération de sauvetage avait été lancée samedi après-midi avec l'aide de l'armée pakistanaise. Les quatre alpinistes polonais qui y ont pris part faisaient partie d'une expédition tentant de gravir le K2, deuxième plus haut sommet du monde (8 611 mètres) derrière l'Everest en hiver, ce qui serait une première.

Elisabeth Revol a été évacuée dimanche et hospitalisée à Islamabad, souffrant de «gelures sévères aux mains et aux pieds». Les sauveteurs n'ont pas été en mesure d'atteindre son compagnon de cordée, le Polonais Tomek Mackiewicz, resté bloqué plus haut sur la montagne, et ont dû prendre la «décision terrible et douloureuse» de le laisser là.

(L'essentiel/nxp/cga/afp)