Népal

30 avril 2017 12:49; Act: 30.04.2017 12:56 Print

L'alpiniste Ueli Steck est décédé sur l'Everest

Le célèbre alpiniste suisse Ueli Steck, connu pour avoir dompté les sommets les plus vertigineux de la planète, a été victime de sa passion près du camp II de l'Everest, dimanche.

Voir le diaporama en grand »

Une faute?

L'alpiniste suisse Ueli Steck, surnommé la «machine suisse» en raison du rythme élevé qu'il s'imposait lors de ses chevauchée, est décédé dimanche matin sur l'Everest à 40 ans, a annoncé la Fédération d'alpinisme du Népal (NMA). «Ce matin, il a eu un accident sur le Nuptse et est mort. Il semble qu'il ait glissé», a déclaré le président de la NMA, Ang Tsering Sherpa, en citant un des sommets satellites de l'Everest.

«Son corps a été ramené à Lukla par hélicoptère et sera ramené à Katmandou», a précisé Ang Tsering Sherpa. Lukla est un village proche du camp de base de l'Everest. «Son partenaire souffrait d'engelures et il avait poursuivi seul», a-t-il expliqué. «Nous essayons d'en savoir plus.» L'accident s'est produit «dimanche matin, tôt, à 1 000 mètres du Camp II» du Nuptse, a précisé Dinesh Bhattarai, directeur général du département népalais du Tourisme.«D'autres alpinistes se lançant sur l'Everest l'ont vu et ont appelé les secours», a-t-il poursuivi.

«Je ne cherche pas à ce que l'on parle de mes records»

Ueli Steck avait plusieurs fois frôlé la mort comme lors de son ascension en 28 heures de la face sud de l'Annapurna en 2013. Charpentier de formation, Ueli Steck était né le 4 octobre 1976 à Langnau im Emmental, à l'est de Berne, dans une famille très sportive. À 12 ans, il rejoint le Club alpin suisse et développe une fascination pour le "contact avec la nature et les falaises". Tout juste majeur, le Suisse pose les jalons de ses futurs records en réalisant l'ascension de la face nord de l'Eiger (3 970 mètres). «Je ne cherche pas à ce que l'on parle de mes records. C'est mon plaisir personnel seul qui dicte ma démarche», avait expliqué en 2015 le prodige helvète dans un entretien à l'AFP.

Très vite, ses performances ne passent pas inaperçues. Avec l'arrivée des premiers sponsors, Ueli Steck, alors trentenaire, décide de vivre à plein temps de la discipline. Il s'entraîne ensuite sans cesse. Ueli Steck se tenait à distance des médias durant ses ascensions pour pouvoir prendre la «décision la plus juste sur une paroi». Il affirmait que la soif d'argent et de gloire n'avait jamais compté, se disant satisfait lorsque ses revenus dépassaient son ancien salaire de charpentier. À ses détracteurs pointant l'absence de preuves GPS ou photographiques pour authentifier certains de ses exploits, il répondait régulièrement: «Il y a beaucoup de jalousie et il me faut l'accepter».

En mai 2016, il avait retrouvé avec un autre alpiniste, David Goettler avec lequel il préparait l'ascension du Shisha Pangma, les corps de l'alpiniste américain Alex Lowe et de son cameraman dans un glacier de l'Himalaya, seize ans après leur disparition dans une avalanche.

Le projet d'Ueli Steck en 2017:

Record à l'Eiger en 2015:

(L'essentiel/AFP)