Arménie

14 mai 2021 09:47; Act: 14.05.2021 11:34 Print

L’Arménie accuse l’Azerbaïdjan d'incursion

Alors que l’Arménie accuse l’Azerbaïdjan d’avancer sur son territoire, le président français Emmanuel Macron a appelé Bakou à retirer ses troupes.

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Image d’archive de Nikol Pachinian. (photo: AFP)

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Le dirigeant de l’Arménie Nikol Pachinian a accusé jeudi l’armée azerbaïdjanaise d’avoir violé la frontière arménienne et de chercher à conquérir de nouveaux territoires, alors que le regain de tensions entre ces deux pays ennemis jurés inquiète les États-Unis et la France.

«C’est une infiltration subversive», a lancé Nikol Pachinian lors d’une réunion extraordinaire de son Conseil de sécurité, selon des propos cités dans un communiqué officiel. Lors de cette réunion, il a affirmé que les troupes azerbaïdjanaises s’étaient avancées de trois kilomètres à l’intérieur des frontières arméniennes au Sud et qu’elles voulaient «faire le siège» du lac Sev, partagé entre les deux pays.

«Accusations provocantes»

Dénonçant un «empiétement» sur le territoire de l’Arménie, Nikol Pachinian a indiqué que l’armée arménienne avait réagi avec des «manœuvres tactiques appropriées». Selon lui, ces tensions doivent néanmoins être réglées par voie diplomatique.

Bakou a rejeté ces accusations, qualifiées de «provocantes». «Les gardes-frontières prennent des positions qui appartiennent à l’Azerbaïdjan dans les districts de Lachin et Kalbajar», a réagi le ministère des Affaires étrangères d’Azerbaïdjan dans un communiqué tard jeudi. La réaction de l’Arménie, «qui fait des annonces provocantes, est ahurissante», souligne le ministère, ajoutant que Bakou «est attaché à apaiser les tensions dans la région et appelle à des mesures en ce sens».

«Retrait immédiat»

L’Azerbaïdjan et l’Arménie se sont affrontés à l’automne 2020 pour le contrôle de la région indépendantiste du Nagorny Karabakh, un conflit qui s’est soldé par plus de 6 000 morts et une défaite d’Erevan, qui a dû rétrocéder d’importants territoires à Bakou.

Les États-Unis ont annoncé jeudi suivre «de près» ce «regain de tensions» frontalier. «Nous sommes informés que les deux parties communiquent et exhortons à la retenue pour favoriser une désescalade pacifique de la situation», a tweeté le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price.

De son côté, le président français Emmanuel Macron s’est entretenu au téléphone avec Nikol Pachinian, selon ses services jeudi soir. «Le président de la République a rappelé l’attachement de la France à l’intégrité territoriale de l’Arménie et marqué la nécessité d’un retrait immédiat des troupes azerbaïdjanaises du territoire arménien», a indiqué la présidence française dans un communiqué.

(L'essentiel/AFP)