États-Unis

25 août 2018 11:20; Act: 25.08.2018 11:31 Print

L'étau se resserre autour de Donald Trump

Le président américain jouera gros lors des élections législatives de novembre. En cas de victoire des démocrates, ces derniers pourraient lancer une procédure de destitution.

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Donald Trump dispose encore de plusieurs options face à l'étau judiciaire.

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Le président américain Donald Trump semble à court d'options face à l'étau judiciaire qui se resserre autour de ses proches et à une hypothétique procédure de destitution. Il l'a d'ailleurs publiquement évoquée jeudi matin. Le 45e locataire de la Maison-Blanche a vécu un mardi noir avec deux de ses anciens proches sur les bancs de la justice, l'un reconnu coupable, l'autre plaidant coupable et impliquant directement le milliardaire républicain.

Ces deux affaires ne sont pas directement liées à la tentaculaire enquête russe menée par le procureur spécial Robert Mueller sur les soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de M. Trump et Moscou, mais les attaques incessantes du président semblent montrer que ce dernier est extrêmement inquiet. La question de l'impeachment, procédure de destitution du président par le congrès des États-Unis, a par ailleurs été publiquement évoquée par M. Trump, interrogé par Fox News lors d'une interview jeudi matin.

Trois options

Selon les experts, le dirigeant dispose de trois options stratégiques. Aucune n'est idéale. La première consiste à coopérer avec M. Mueller. Donald Trump ne cesse de répéter qu'aucun crime n'a été commis, dénonçant «une chasse aux sorcières». Mais il évite depuis des mois d'être interrogé par le procureur spécial. «Il devrait absolument adopter et embrasser une stratégie de transparence», suggère à l'inverse Eric Freedman, professeur de droit constitutionnel à l'université Hofstra dans l'État de New York.

Une telle option signifierait cesser les critiques récurrentes contre cette enquête et ne plus soutenir son ancien directeur de campagne Paul Manafort, reconnu coupable de fraude bancaire et fiscale. Pour Robert Bennett, avocat pénaliste ayant travaillé au côté de l'ancien président Bill Clinton dans les années 1990, cette stratégie n'est cependant plus d'actualité. Donald Trump et son entourage «ont décidé il y a longtemps d'attaquer le procureur spécial. Il serait difficile maintenant d'avoir une volte-face», confie ce juriste à l'AFP.

Attaquer et gagner du temps

«Selon moi, il ne pourrait pas coopérer honnêtement sans se compromettre lui-même», avance-t-il également. Coopérer pourrait aussi mettre le président dans une position difficile à tenir, si, comme beaucoup de personnes l'imaginent, son fils Donald Trump Jr. et d'autres membres de sa famille sont dans le viseur du procureur. L'autre option est donc de jeter toutes ses forces dans la bataille des élections législatives de novembre pour éviter que l'une des deux chambres du congrès ne repasse aux mains des démocrates et s'épargner ainsi la menace de la procédure de destitution.

Sa stratégie actuelle est de tenter de convaincre que l'enquête de M. Mueller est en réalité une opération des démocrates. La Maison-Blanche exige par ailleurs que l'équipe du procureur spécial respecte une politique du ministère de la justice voulant que les procureurs n'entament aucune action pouvant être défavorable à tout candidat dans les 60 jours précédant une élection. «Je ne vois personne dans les élections de novembre liée à ceux visés par l'enquête», tempère cependant Michael German, ancien agent du FBI et expert au Brennan Center for Justice.

Option radicale

Pour M. Bennett, une stratégie possible est celle de la diversion. «Mon boulot était de faire sortir cette affaire Jones de la couverture médiatique quotidienne», raconte cet ancien avocat de Bill Clinton à propos de Paula Jones qui poursuivait le président pour harcèlement sexuel. Si Donald Trump, ou quelqu'un de sa famille fait face à des accusations, la stratégie de bloquer le dossier pour des questions constitutionnelles pourrait permettre au camp du président de gagner du temps, éventuellement jusqu'à la fin de son mandat. «Peu importe le dénouement, ce serait probablement mieux pour lui», parie M. Bennett.

Dernière option, Donald Trump pourrait renvoyer M. Mueller et mettre fin à l'enquête. Il l'a répété à plusieurs reprises sans s'avancer concrètement vers une «option nucléaire», qui rappelle aux républicains de mauvais souvenirs. En octobre 1973, Richard Nixon avait ainsi fait renvoyer le procureur spécial en charge de l'affaire du Watergate. Le soutien au président s'est effrité par la suite et son remplaçant a poursuivi les investigations. Près d'un an plus tard, M. Nixon a démissionné devant la menace d'une probable destitution.

(L'essentiel)