Guerre

20 octobre 2021 13:35; Act: 20.10.2021 13:45 Print

L'Éthiopie attaque encore la capitale du Tigré

Deux jours après une première attaque aérienne sur Mekele, l’armée éthiopienne a recommencé. Un «centre de fabrication d’armes et de réparation pour matériel militaire» a été visé.

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Mekele est la capitale de la région septentrionale du Tigré. (photo: AFP)

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L’armée éthiopienne a lancé mercredi une attaque aérienne contre Mekele, la capitale de la région septentrionale du Tigré, pour la deuxième fois cette semaine, marquant une nouvelle escalade de ce conflit régional qui dure depuis près d’un an. Contrairement aux frappes de lundi, le gouvernement éthiopien a rapidement confirmé l’information d’abord donnée par des sources humanitaires et un résident de Mekele.

Le raid «a visé des installations transformées par les rebelles tigréens en centre de fabrication d’armes et de réparation pour leur matériel militaire», a affirmé à l’AFP par SMS le chef du service de communication du gouvernement Legesse Tulu. Aucun bilan humain n’était immédiatement disponible à la suite de ce bombardement aérien qui a notamment détruit un site industriel, a précisé à l’AFP un résident de Mekele. «C’était très lourd et l’avion était très proche. L’ensemble du site a brûlé, on ne sait pas s’il y a des victimes, mais toute l’entreprise est partie en fumée», a-t-il ajouté.

«Mensonge total»

Lundi, l’armée éthiopienne avait mené deux raids contre des positions du Front de Libération du peuple du Tigré (TPLF) à Mekele. Selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), au moins trois enfants avaient été tués lors de ces premières frappes. Dans un premier temps, le gouvernement avait qualifié de «mensonge total» les informations de sources humanitaires, diplomatiques et médicales faisant état de bombardements, les premiers sur Mekele rapportés depuis le début du conflit en novembre 2020.

Un média d’État avait ensuite confirmé l’information et affirmé que des frappes aériennes avaient visé des cibles des rebelles du TPLF. Depuis deux semaines, diverses sources rapportent les signes d’une nouvelle offensive du régime du premier ministre Abiy Ahmed contre les responsables tigréens qui ont dominé la vie politique éthiopienne pendant trente ans.

«Viser des civils»

Un porte-parole du TPLF, Getachew Reda, a dénoncé le raid de mercredi lancé, selon lui, contre une zone résidentielle de Mekele et qui a «touché des civils et causé des dégâts matériels». «La réaction du gouvernement face à ses pertes dans le conflit actuel est de viser des civils à des centaines de kilomètres du champ de bataille», a-t-il ajouté sur Twitter.

Le conflit dans le nord de l’Éthiopie a commencé le 4 novembre 2020 avec l’envoi par Abiy Ahmed de l’armée fédérale éthiopienne, après des mois de tensions, contre les autorités régionales dissidentes issues du TPLF, qui a exercé le pouvoir en Éthiopie jusqu’en 2018.

Les forces fédérales avaient rapidement pris le contrôle de la majeure partie de la région, dont Mekele. Mais en juin, le TPLF a repris l’essentiel du Tigré puis a poursuivi son offensive dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar, accentuant une crise humanitaire qui frappe des centaines de milliers de personnes.

(L'essentiel/AFP)