Justice

20 avril 2019 11:29; Act: 20.04.2019 11:47 Print

L'ex-​​président péruvien reste en détention

La justice péruvienne n'a pas été conciliante avec Pablo Kuczynski. Sa détention provisoire est prolongée de 36 mois.

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L'ex-président du pays Pablo Kuczynski, lors de son arrestation.

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La justice péruvienne a prolongé vendredi pour 36 mois la détention provisoire de l'ex-président du pays Pablo Kuczynski. L'homme de 80 ans est inculpé de blanchiment d'argent dans le vaste scandale de corruption Odebrecht. Il avait été placé le 10 avril en détention pour une durée initiale de dix jours par un tribunal de Lima. Il n'a néanmoins pas encore été incarcéré, car il se trouve dans une clinique de la capitale après une opération du cœur.

Le parquet avait requis la mise en détention de l'ancien président en estimant qu'il ne souffrait d'aucune maladie grave justifiant une simple assignation à résidence, et en soulignant le risque de destruction de preuves s'il restait libre. Les avocats de M. Kuczynski ont annoncé leur intention de faire appel.

Scandale Odebrecht

Pablo Kuczynski, que les Péruviens surnomment «PPK», est devenu en mars 2018 le premier président en exercice à démissionner à cause de ses liens avec Odebrecht, une société brésilienne qui affirme avoir payé près de cinq millions de dollars à des entreprises de conseil directement liées au chef de l'État, alors ministre entre 2004 et 2013.

La justice péruvienne enquête également sur les anciens présidents Alejandro Toledo (2001-2006) et Ollanta Humala (2011-2016), ainsi que sur la chef de file de l'opposition, Keiko Fujimori, qui a été placée en détention provisoire le 31 octobre. Un autre ancien président mis en cause dans l'affaire Odebrecht, Alan Garcia (1985-1990 et 2006-2011), s'est quant à lui suicidé d'une balle dans la tête le 17 avril au moment où la police venait l'arrêter à son domicile.

Le géant brésilien du bâtiment Odebrecht a distribué pendant plus d'une décennie un total de 788 millions de dollars dans une dizaine de pays à travers la région pour remporter des contrats, selon le ministère américain de la justice (DoJ).

(L'essentiel/afp)