En Pologne

12 avril 2016 16:47; Act: 12.04.2016 17:36 Print

L'interdiction totale de l'avortement mobilise

Des organisations antiavortement ont soumis au Parlement, avec un fort soutien de l’Église catholique, un nouveau texte durcissant la loi actuelle, déjà très restrictive.

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Des milliers de Polonais(es) ont déjà manifesté contre l’interdiction totale de l’avortement. (photo: AFP)

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La loi en vigueur en Pologne, très restrictive mais considérée comme un "compromis" entre l’Église et l’État, autorise l'IVG dans trois cas: risque pour la vie ou la santé de la mère, examen prénatal indiquant une grave pathologie irréversible chez l'embryon, et grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste. Des organisations antiavortement viennent de soumettre au Parlement, avec le soutien de l’Église catholique et des conservateurs au pouvoir, un texte durcissant cette législation.

Selon leur proposition, une IVG serait interdite également en cas de viol ou de malformation du fœtus, et uniquement autorisée pour préserver la vie de la mère. Le texte porte la peine maximale pour la personne qui pratique l'avortement à 5 ans de prison, contre 2 ans actuellement.

Les épouses d'anciens présidents protestent

Les épouses de trois anciens présidents polonais, Mmes Danuta Walesa, Jolanta Kwasniewska et Anna Komorowska, ont dénoncé dans une lettre ouverte ce mardi cette proposition de loi. «Nous accueillons avec une grande inquiétude l'idée d'abandonner le compromis de 1993 sur la loi antiavortement», ont écrit les anciennes premières dames dans ce texte.

«Tout avortement est un drame. Mais on ne peut aggraver le drame des femmes en les forçant à accoucher d'un enfant conçu lors d'un viol, ou de risquer leur vie et leur santé, voire celles de leur enfant», déclarent les épouses des ex-présidents Lech Walesa, Aleksander Kwasniewski et Bronislaw Komorowski. Elles estiment que l'abandon des dispositions actuelles risquerait de faire «passer d'une extrémité à l'autre, selon le pouvoir en place».

Interrogée par la radio privée ZET, l'épouse de Lech Walesa a été plus directe en lançant à Jaroslaw Kaczynski, chef du parti conservateur PiS au pouvoir, une pique personnelle. «J'en appelle à vous, reprenez vos esprits! Vous n'avez pas d'enfant, pas de femme. Que savez-vous de la vie des abeilles si vous n'habitez pas une ruche».

(L'essentiel/AFP)