Incident en mer d'Oman

14 juin 2019 07:17; Act: 14.06.2019 09:57 Print

«L'Iran est responsable des attaques»

Mike Pompeo a accusé l'Iran d'être derrière les attaques de jeudi contre deux pétroliers en mer d'Oman, un incident qui fait craindre un nouvel embrasement dans le Golfe.

Iran: 30 ans d'histoire.

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Pétrolier en feu, opérations de sauvetage de dizaines de marins: deux tankers, norvégien et japonais, ont été la cible d'une attaque dans un passage maritime stratégique mondial, ce qui a immédiatement fait grimper les prix du pétrole. La tension était déjà élevée depuis de précédentes attaques, il y un mois quasiment jour pour jour, contre quatre navires au large des Émirats arabes unis, acte pour lequel Téhéran avait déjà été montré du doigt par Washington. Mais, à l'époque, l'administration de Donald Trump avait pris plusieurs jours avant de parvenir à cette conclusion.

Jeudi, sa réaction a été immédiate. «Le gouvernement des États-Unis estime que la République islamique d'Iran est responsable des attaques de ce jour en mer d'Oman», a lancé le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo lors d'une allocution solennelle, accusant Téhéran de vouloir empêcher le passage du pétrole par le détroit d'Ormuz pour perturber le marché mondial. Il a évoqué, à l'appui de ses accusations, des informations récoltées par les services de renseignements, «les armes utilisées», les précédentes attaques contre des navires et le fait qu'aucun des groupes alliés de l'Iran dans la région n'ait les moyens d'atteindre «un tel niveau de sophistication».

«Une escalade majeure»

L'US Navy a vu une mine non explosée sur le flanc d'un des pétroliers, selon un responsable américain, qui n'a toutefois pas été en mesure d'évoquer un lien entre cet engin et l'Iran à ce stade. Pour Mike Pompeo, ces actes «représentent une menace claire pour la paix et la sécurité internationales, une attaque flagrante contre la liberté de navigation et une escalade des tensions inacceptable de la part de l'Iran».

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite qui intervient militairement au Yémen contre les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, a aussi dénoncé une «escalade majeure», mettant en cause, au moins indirectement, le régime iranien.

L'Iran avait pourtant auparavant exprimé ses «inquiétudes» après des «incidents suspects», indiquant avoir secouru 44 membres d'équipage des deux pétroliers après des appels de détresse. «Le mot suspicieux ne suffit pas à décrire ce qui transpire apparemment» de ces «attaques» contre des «tankers liés au Japon survenues» au moment même où le Premier ministre japonais Shinzo Abe rencontrait le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a réagi sur Twitter le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

«Trop tôt pour envisager de trouver un accord»

Les circonstances des attaques sont encore floues. À Oslo, les autorités maritimes ont fait état de trois explosions à bord d'un pétrolier norvégien. Battant pavillon des îles Marshall et propriété du groupe norvégien Frontline, le pétrolier «Front Altair» a été «attaqué» entre les Émirats et l'Iran «à 6h03 locales», ont-elles indiqué, précisant qu'aucun membre d'équipage n'avait été blessé et que ce tanker de 111 000 tonnes était en flammes. La télévision d'État iranienne Irib a montré des images spectaculaires d'une épaisse colonne de fumée noire s'élevant du navire. Le Kokuka Courageous, un méthanier, a essuyé des tirs mais son équipage a été sauvé et sa cargaison de méthanol est intacte, a affirmé son opérateur japonais Kokuka Sangyo.

Le président des États-Unis a tweeté qu'il était «trop tôt pour ne serait-ce qu'envisager de trouver un accord». «Ils ne sont pas prêts et nous non plus», a-t-il écrit, après avoir multiplié les appels du pied, ces dernières semaines. Mais, selon Mike Pompeo, Washington souhaite toujours que Téhéran revienne à la table des négociations «le moment venu».

(L'essentiel/afp)