Syrie

30 juin 2018 13:49; Act: 30.06.2018 13:54 Print

L'opposition dit négocier un accord avec la Russie

Les rebelles syriens ont entamé des négociations avec la Russie, alliée de Damas.

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Les échanges entre l'opposition syrienne et la Russie visent un accord pour restaurer la souveraineté du gouvernement de Bachar al Assad dans les zones que les rebelles contrôlent dans la région de Deraa, ont annoncé samedi des représentants des rebelles. L'armée syrienne a intensifié depuis mercredi son offensive lancée contre les zones rebelles du sud-ouest du pays. Plusieurs localités ont été bombardées. De nouvelles frappes aériennes ont visé les zones rebelles dans la nuit de vendredi à samedi, puis samedi matin, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Plus de 120 000 personnes ont été jetées sur les chemins de l'exode depuis le déclenchement de l'offensive des forces gouvernementales il y a dix jours, a rapporté vendredi l'OSDH. La région de Deraa, proche des frontières de la Jordanie et du Golan annexé par Israël, a été en 2011 l'un des premiers foyers de la contestation contre le président Assad, qui a ensuite dégénéré en conflit armé.

Première réunion

Le négociateur en chef de l'opposition syrienne dans les négociations internationales, Nasr al Hariri, a déploré jeudi le «silence des États-Unis» face à cette offensive dans une région qui a pourtant été proclamée l'été dernier «zone de désescalade» à la suite d'un accord entre les États-Unis, la Russie et la Jordanie.

Un comité civil et militaire composé de six membres et mis en place un peu plus tôt par les rebelles a tenu une réunion préliminaire avec des représentants russes près de la région voisine de Sweida, ont annoncé des représentants des insurgés. «Le comité a organisé une première réunion avec des représentants russes qui ont présenté leurs demandes», a déclaré un porte-parole de l'Armée syrienne libre (ASL).

Requêtes rejetées

Les négociateurs russes ont demandé aux rebelles d'accepter un accord similaire à celui obtenu pour la Ghouta orientale, en périphérie de la capitale Damas, a ajouté Ibrahim Jabawi. Les insurgés ont accepté de reconnaître l'autorité du gouvernement ou quitté la Ghouta avec leur famille à destination des zones contrôlées par l'opposition dans le nord de la Syrie.

Les demandes russes ont été rejetées par les rebelles, qui ont proposé le retour des institutions civiles du gouvernement syrien et l'arrivée de la police militaire russe, mais pas des forces pro-gouvernementales, dans les zones tenues par l'opposition.

(L'essentiel/nxp/ats)