Aux États-Unis

12 octobre 2017 11:25; Act: 12.10.2017 16:18 Print

La Californie en flammes aidée par les États voisins

La Californie a fait appel aux États proches, et au-delà, pour lutter contre les incendies particulièrement violents qui ont fait au moins 21 morts depuis dimanche.

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op Däitsch
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La situation «va continuer à empirer avant que ça ne s'améliore», a prévenu Ken Pimlott, responsable du département californien des forêts et de la protection incendie, lors d'une conférence de presse relayée sur Facebook. «Ça va être long», a-t-il assuré. «C'est un événement grave, sévère, catastrophique», avait-il estimé un peu plus tôt. «Ces incendies brûlent littéralement plus vite que ne peut courir un pompier dans certaines zones».

Attisés par des vents pouvant dépasser 60 km/h avec seulement 8% d'humidité dans l'air, 22 incendies ont calciné depuis dimanche près de 70 000 hectares dans huit comtés californiens. Les pompiers estiment qu'au moins 3 500 bâtiments (maisons et commerces) ont été détruits. Plus de 8 000 pompiers luttent contre les flammes, appuyés dans les airs par plus de 70 hélicoptères et 30 avions bombardiers d'eau et des centaines de véhicules au sol.

Les autorités de l'État américain le plus peuplé ont déjà obtenu des renforts d'États proches (Nevada, Washington, Oregon, Arizona) et d'autres devraient suivre. La Garde nationale de Californie a également déployé 700 soldats, qui devaient être renforcés mercredi et jeudi par 1 800 personnes supplémentaires, a indiqué le major général Dave Baldwin, chef d'état-major du gouverneur de Californie.

«Les conditions climatiques continuent d'être un fléau»

Des particuliers apportent leur aide également. ÀA l'instar de Chris Hoffmann, 58 ans, au volant d'un des six camions-citerne de l'entreprise de BTP qui l'emploie: «Comme les pompiers ne peuvent pas descendre chercher de l'eau, nous la leur apportons», a-t-il expliqué. Ken Pimlott a prévenu que ces incendies allaient «rester très imprévisibles pendant les prochains jours».

«Les conditions climatiques continuent d'être un fléau», a-t-il confié. Selon lui, 21 personnes sont mortes dans ces incendies. Le Los Angeles Times a précisé qu'il y avait onze morts dans le comté de Sonoma, six dans celui de Mendocino, deux dans celui de Napa et deux dans le comté de Yuba. Mais le shérif du comté de Sonoma Robert Giordano a précisé à la presse que 285 personnes n'avaient toujours pas été localisées, soulignant que la destruction de plus de 70 relais de téléphonie mobile compliquait la tâche des autorités.

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi l'état de catastrophe naturelle. L'incendie baptisé «Tubbs», qui sévit près de la ville de Santa Rosa et a tué à lui seul onze personnes, est devenu le sixième plus mortel de l'histoire de la Californie. Il a brûlé entre dimanche soir et mercredi matin plus de 11 000 hectares et détruit plus de 570 bâtiments, dont 550 résidentiels. Environ 16 000 structures sont toujours menacées.

Un «retour des vents puissants»

«J'avais cet espoir que ma maison ait survécu... mais... », dit Michael Desmond, 63 ans, en fondant en larmes devant son pavillon réduit en cendres comme des centaines d'autres dans le quartier de Coffey Park, à Santa Rosa, l'un des plus touchés par les incendies. Sur le parcours de golf de Bennett Valley sur la commune de Santa Rosa, des dizaines de riverains regardent brûler les collines situées aux alentours. Une épaisse fumée blanche s'en échappe tandis que des hélicoptères bombardiers d'eau survolent la zone.

La police de la ville a prévenu sur Facebook que les services météorologiques prévoyaient un «retour des vents puissants sur la région à partir de mercredi soir (...) et jusqu'à jeudi matin». Les vents commençaient à bien se renforcer mercredi après-midi à Santa Rosa, selon une journaliste de l'AFP. Le shérif du comté de Sonoma a relayé sur Facebook un ordre d'évacuation pour Geyserville, à une quarantaine de kilomètres de Santa Rosa. Des milliers d'habitants ont été contraints de fuir précipitamment devant les flammes galopantes, parfois en pleine nuit, et les évacuations se poursuivent.

(L'essentiel/afp)