Attentat en France

30 octobre 2020 14:49; Act: 30.10.2020 15:27 Print

La famille de l'assaillant de Nice est hébétée

La mère et le frère de l’auteur présumé de l’attaque peinent à croire que Brahim, qui gaspillait l’argent du foyer en alcool et en drogue, ait tué trois chrétiens, vendredi.

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L’auteur présumé de l’attentat de Nice, issu d’une famille modeste habitant Sfax, dans le centre de la Tunisie, était arrivé en France la veille selon ses proches, qui décrivent un jeune homme s’étant tourné vers la religion depuis deux ans.

«Ce n’est pas normal», répète son frère Yassine, peinant à croire et à comprendre comment Brahim Issaoui, âgé d’à peine 21 ans, pourrait en être arrivé là. «Depuis qu’il a abandonné le lycée, il a travaillé dans la réparation des motos», explique sa mère, en pleurs, tenant dans les mains la photo de son fils en sweat à capuche blanc. Né dans une famille nombreuse comptant huit filles et trois fils, il habitait avec ses parents dans une maison simple sans enduit, sur une rue défoncée d’un quartier populaire près d’une zone industrielle à la périphérie de la ville côtière de Sfax.

Échoppe informelle

Après avoir mis de l’argent de côté, il avait lancé un petit débit d’essence informel, comme on en trouve dans de nombreuses localités de Tunisie, où la plupart de l’activité économique se fait en marge du système officiel. «Je lui ai dit de louer une petite échoppe avec ces 1 100 à 1 200 dinars afin de pouvoir travailler. Il m’a dit qu’il voulait faire un cabanon pour vendre de l’essence», explique à un correspondant de l’AFP sa mère, qui n’a pas voulu donner son nom. Selon ses proches, le jeune homme s’était tourné vers la religion et isolé ces dernières années.

«Cela fait à peu près deux ans et demi qu’il fait la prière. Il allait du travail à la maison, ne sortait pas et ne se mélangeait pas avec les autres», détaille la mère. Auparavant, «il buvait de l’alcool et consommait de la drogue. Je lui disais: "Nous sommes nécessiteux, et toi tu gaspilles de l’argent?" Il répondait: "Si Dieu le veut, il va m’orienter vers le bon chemin, ça me regarde", poursuit-elle. Le jeune homme avait déjà tenté la traversée périlleuse de la Méditerranée pour l’Italie, en vain, et n’avait pas prévenu ses proches de ce nouveau départ, selon son frère.

«Il a dit qu’il allait en France pour le travail»

La famille, incrédule, ne comprend pas comment il aurait pu passer à l’acte, moins d’un mois et demi après son arrivée en Europe. Il est soupçonné d’avoir tué avec un couteau trois personnes jeudi dans une église à Nice, dans le sud-est de la France, et a été grièvement blessé et hospitalisé, selon la justice française.

Brahim a appelé sa famille mercredi soir en leur annonçant qu’il venait d’arriver en France. «Il est arrivé en France hier (mercredi 28 octobre) aux alentours de 20h. Il a dit qu’il allait en France car pour le travail c’est mieux et en Italie, il y a trop de monde», raconte Yassine. «Ça ne fait pas un mois et demi» qu’il a effectué la traversée, arrivant d’abord en Italie, où il a travaillé à la récolte des olives, explique-t-il.

La Tunisie a fermement condamné l’attentat et lancé une enquête. «Brahim I., né en 1999, n’a pas été identifié comme terroriste par les autorités tunisiennes», a indiqué ce vendredi à l’AFP Mohsen Dali, substitut du procureur général au tribunal de première instance de Tunis. «Il a quitté le pays clandestinement le 14 septembre, et a des antécédents judiciaires de droit commun de violence et de drogue», a-t-il ajouté.

(L'essentiel/afp)