Afghanistan

07 mai 2019 21:01; Act: 08.05.2019 12:59 Print

La joie d'un petit amputé fait le tour du monde

Un garçon de 5 ans, que l'on voit danser pour fêter sa prothèse, a ému l'Afghanistan et la Toile. La vidéo mise sur Twitter a été vue plus de 500 000 fois en 24 heures.

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Le petit garçon, sourire jusqu'aux oreilles, lève les bras en l'air et virevolte au son de la musique, sous les applaudissements: une vidéo le montrant en train de fêter la prothèse remplaçant sa jambe droite dans un centre médical de Kaboul a touché les internautes d'Afghanistan, et bien au-delà. Mis en ligne lundi sur Twitter, ce petit clip d'une vingtaine de secondes avait été regardé plus de 500 000 fois en 24 heures. On y voit Ahmad Sayed Rahman, âgé de 5 ans, danser, très à l'aise et l'air épanoui, dans un centre orthopédique de la Croix-Rouge de la capitale afghane, sous les encouragements ravis du personnel médical et d'autres patients.

«Il est toujours en train de danser et de montrer son bonheur d'avoir une nouvelle prothèse pour sa jambe», amputée juste sous le genou, souligne la mère de l'enfant, Rayeesa, rencontrée mardi par l'AFP au centre médical. «Je suis très heureuse pour lui qu'il ait reçu cette jambe artificielle et qu'à présent il puisse être autonome», ajoute-t-elle, alors que l'enfant se trémousse en cadence au son d'une mélodie locale s'élevant d'un téléphone portable. Ahmad est un «patient de longue date», explique sa physiothérapeute, Semeen Sarwari, qui travaille depuis 18 ans dans ce centre fréquenté par de nombreux amputés de guerre. «Il est venu changer (de prothèse) parce qu'il a grandi». Celle qu'il vient de recevoir est sa quatrième.

«Ceci est le sourire de la victoire sur toutes les difficultés de la vie»

«Parce que c'est un enfant et qu'il veut jouer, il veut avoir une jambe et s'adapte donc plus vite» que les amputés adultes, sourit-elle. «Il ne veut pas juste rester assis à l'intérieur». Ahmad et ses parents, des ouvriers agricoles, sont originaires de la province de Logar, au sud de Kaboul, où les combats entre forces gouvernementales et insurgés talibans sont fréquents. «Ma fille était dehors avec lui, alors qu'il n'avait que 8 mois, et ils ont été atteints par des balles» dans des échanges de tirs entre les belligérants, raconte la mère. Les deux enfants sont restés handicapés. Mais Ahmad, dès sa première prothèse reçue à l'âge d'un an, a appris à danser et s'est montré joyeux et démonstratif, poursuit sa mère. L'enthousiasme du garçonnet est contagieux. La vidéo a attiré des centaines de commentaires saluant son courage ou offrant de l'aide.

«Ceci est le sourire de la victoire sur toutes les difficultés de la vie», a réagi l'un des internautes. «Extrêmement surpris par le paradoxe entre joie et chagrin dans cette vidéo», souligne un autre. Durant la seule année 2018, 3 804 civils ont été tués, dont plus de 900 enfants, et plus de 7 000 blessés en Afghanistan, selon l'ONU. Il s'agit de l'année la plus meurtrière jamais enregistrée pour les civils victimes du conflit afghan. De tels chiffres sont «choquants», a récemment déclaré le chef de la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA), Tadamichi Yamamoto, qui appelle «toutes les parties (à) faire davantage pour protéger les civils».

(L'essentiel/afp)