Crise migratoire

20 juillet 2018 14:29; Act: 20.07.2018 15:01 Print

La Libye refuse les centres pour migrants

Le chef du gouvernement libyen d'union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj, a fait part, vendredi, de son refus catégorique de la proposition européenne.

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Photo prise au large des côtes libyennes, le 17 juillet 2018.

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«Nous sommes absolument contre le fait que l'Europe veuille tout à fait officiellement installer chez nous les migrants illégaux dont on ne veut pas dans l'UE», a affirmé Fayez al-Sarraj dans un entretien au quotidien allemand Bild. «Nous ne ferons pas non plus de deals avec l'UE, en prenant en charge des migrants illégaux en échange d'argent», a-t-il ajouté lors de cet entretien réalisé à Tunis.

«Je suis très étonné qu'en Europe plus personne ne veuille accueillir de migrants, mais qu'on nous demande d'en accueillir des centaines de milliers ici», a poursuivi le chef du gouvernement. Et d'appeler les Européens à exercer plus de pression sur les pays d'origine des migrants plutôt que sur la Libye, où les passeurs ont mis en place leur juteux trafic, profitant du chaos né de la guerre qui a renversé le régime du colonel Kadhafi.

Refus multiples

Fin juin, les États membres de l'UE, très divisés sur l'accueil des migrants, ont accouché au forceps d'un accord dans lequel ils affirment vouloir «explorer» la création de «plateformes de débarquement» hors de l'Union européenne pour les migrants secourus en mer. Les contours du projet restent toutefois très flous et il suscite de nombreuses questions sur sa compatibilité avec le droit international.

Rabat a déjà rejeté l'idée de tels centres sur son sol, tout comme l'Albanie. La Tunisie est opposée de longue date à cette idée. Fayez al-Sarraj a par ailleurs rejeté les critiques émises par l'ONG espagnole Proactiva Open Arms selon laquelle les garde-côtes libyens ont abandonné en mer en début de semaine deux femmes et un petit garçon. Au contraire, «nous sauvons chaque jour des centaines de personnes au large des côtes de la Libye, nos bateaux sont en permanence en mission». Mais «nous avons besoin de davantage de soutien financier et logistique, afin de pouvoir être encore plus rapides et efficaces dans nos opérations de sauvetage», a-t-il dit.

(L'essentiel/nxp/ats)