Santé publique

19 mars 2018 15:06; Act: 19.03.2018 16:04 Print

La maladie X, prochaine épidémie mondiale?

L'OMS a ajouté à sa liste des pathologies qui pourraient causer un danger international, une maladie qui n'existe pas. Nouveau virus ou arme bactériologique, tout est possible.

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La maladie X n'existe pas encore, mais elle pourrait se déclencher et se transmettre de la même manière que le virus Ebola. (photo: AFP)

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Chaque année, depuis 2015, l'Organisation mondiale de la santé dresse une liste de pathologies pouvant potentiellement causer un danger international. Une liste dans laquelle on trouve des virus tueurs comme Ebola, qui a fait des milliers de morts en Afrique, Zika ou le SRAS, le syndrome respiratoire aigu sévère. Mais fin février, l'OMS a rajouté une 8e et étrange maladie, «la maladie X».

Selon l'OMS, cette pathologie n'existe pas encore. Mais elle représente «le fait de savoir qu'une grave épidémie internationale pourrait être causée par un agent pathogène actuellement inconnu». «La maladie X a été incluse dans la liste, non pour terrifier, mais pour veiller à ce que la communauté internationale en santé soit prête à s'attaquer à toutes les formes de menaces, prévisibles et imprévisibles», précise l'organisation.

Guerre bactériologique

Interrogé par le Telegraph, John-Arne Rottingen, conseiller scientifique à l'OMS, a expliqué que «l'Histoire nous dit qu'il est probable que la prochaine grande épidémie sera quelque chose que nous n'avons jamais vu auparavant». Pour lui, cette maladie X, lorsqu'elle arrivera, sera probablement une «zoonose», soit une maladie propre aux animaux qui pourrait ensuite être transmise à l'homme.

Mais le scientifique n'exclut pas une guerre bactériologique mortelle. Le but est de s'assurer que nous préparons et planifions la flexibilité en termes de vaccins et de tests diagnostiques», a-t-il expliqué. Le Telegraph rappelle l'agent innervant utilisé récemment contre l'ex-membre des services de renseignements russes, Sergueï Skripal, à Salisbury, en Grande-Bretagne. Ou encore la création, l'an dernier au Canada, de la variole du cheval, un proche parent du virus mortel de la variole. Autant de substances qui ont accru les craintes des experts que la maladie X puisse sortir d'un laboratoire peu scrupuleux.

Mais pour John-Arne Rottingen, une maladie X d'origine humaine est moins probable qu'une pathologie naturelle. Mais, explique-t-il, «la biologie actuelle permet la création de nouveaux virus mortels». Et lorsque surgit une nouvelle maladie, il n'y a pas de résistance dans la population. «Cela signifie qu'elle peut se propager rapidement».

(L'essentiel)