Procès aux Etats-Unis

01 avril 2021 20:50; Act: 02.04.2021 12:44 Print

La petite amie de George Floyd a évoqué la drogue

Courteney Ross, qui a entretenu une relation intime avec George Floyd de 2017 à sa mort, a été assaillie de questions sur leur consommation d’opiacés.

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Courteney Ross, la fiancée de George Floyd. (photo: Getty Images via AFP)

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L’avocat du policier blanc Derek Chauvin, accusé du meurtre de George Floyd, a commencé jeudi à construire sa défense, en interrogeant longuement la petite amie de l’Afro-Américain sur leur consommation d’opiacés. Après trois jours de témoignages accablants pour l’agent de police, son avocat Eric Nelson a adopté une posture plus offensive face à Courteney Ross, une femme blanche de 45 ans qui a entretenu une relation intime avec George Floyd de 2017 à sa mort.

Le quadragénaire noir est décédé le 25 mai à Minneapolis après avoir été maintenu au sol pendant plus de neuf minutes, avec le genou de Derek Chauvin sur le cou. L’agent de 45 ans, inculpé de meurtre dans ce dossier qui a suscité un fort émoi dans le monde entier, plaide non coupable. Son avocat assure qu’il n’a pas causé la mort de George Floyd mais que l’Afro-Américain de 46 ans a succombé à une overdose au fentanyl, combinée à des problèmes de santé. L’autopsie officielle a bien retrouvé des traces de ce puissant opiacé de synthèse dans le corps de la victime mais a identifié «la compression du cou» comme cause du décès.

«Une tactique facile»

Des experts médicaux seront convoqués pour en débattre devant les jurés mais dès jeudi, Eric Nelson a cherché à rassembler des éléments allant dans son sens lors de l’interrogatoire de Courteney Ross. L’accusation avait tenté de déminer le terrain en la faisant parler de leur relation. Très émue, cette mère de deux enfants avait dépeint un homme «plein d’énergie», «doux» avec qui la vie était «une aventure».

Quant à leur usage de drogues, «c’est une histoire classique de gens qui deviennent dépendants aux opiacés parce qu’ils souffrent de douleurs chroniques. Moi c’était au cou, lui au dos...», avait-elle simplement expliqué au procureur. Eric Nelson est ensuite entré en jeu, en l’assaillant de questions sur la nature des drogues consommées, sur les effets de certaines pilules, sur leurs sources d’approvisionnement et sur un séjour à l’hôpital de George Floyd, début mars dernier, pour overdose. Il a également souligné qu’ils avaient parfois acheté des drogues aux deux personnes qui se trouvaient avec George Floyd au moment de sa mort. L’un d’eux, Morries Hall, a déposé un recours jeudi pour éviter de témoigner au procès.

La stratégie d’Eric Nelson a suscité le courroux de la famille Floyd qui a dénoncé «une tactique facile quand les faits sont contre vous». «Des dizaines de milliers d’Américains luttent contre l’automédication et une addiction aux opiacés et sont traités avec dignité, respect et soutien, et non avec brutalité», ont écrit leurs avocats dans un communiqué, en se disant confiants dans la capacité des jurés à «passer outre».

(L'essentiel/afp)