En Afghanistan

26 mars 2018 11:59; Act: 26.03.2018 13:01 Print

La photo de cette Afghane a bouleversé la Toile

Assise par terre, son bébé sur les genoux, Jahantab Ahmadi, passe un examen: la photo, expressive, a suscité une forte émotion en Afghanistan, où nombre de femmes sont illettrées.

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Jahantab Ahmadi, 25 ans, a voulu passer coûte que coûte son examen. (photo: AFP/Yahya Erfan)

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Le contraste est saisissant entre l'inconfort de la jeune mère, concentrée sous son voile bleu, un crayon à papier à la main, et le reste des inscrits, studieux sur leurs chaises parfaitement alignées, pour les tests d'entrée de l'université privée de Nasir Khusraw, dans le centre du pays. «Je ne veux pas être privée de mes études», affirme Jahantab Ahmadi, 25 ans, dont c'est le troisième enfant. Elle qui vient d'un petit village de la province du Daikundi, où le blé, le maïs et les patates assurent de maigres revenus, veut «travailler hors de (sa) maison». «Je veux devenir doctoresse, quelqu'un qui sert les femmes de ma communauté ou de ma société», assure-t-elle.

Pour pouvoir passer cet examen d'entrée mi-mars, Jahantab Ahmadi a d'abord dû marcher deux heures dans les montagnes. Puis elle a pris les transports en commun, arrivant neuf heures de cahots plus tard à la capitale provinciale Nili. Au début du test, qui se déroulait en extérieur, elle s'est comme les autres candidats assise à un pupitre. Mais sa fille Khizran, âgée de quelques mois, souffrait d'une oreille et ne cessait de crier. Pour la calmer, et ne pas déranger ses voisins, Jahantab raconte s'être mise à terre, derrière un autre candidat. «Je devais me concentrer sur le bébé et passer le test».

Un enseignant de l'université privée la prend alors en photo. Son cliché fait le tour de la Toile afghane, sans même qu'elle en soit consciente. «Mes amis au village m'ont dit : "Tu as été photographiée". Je leur ai dit: "Comment ai-je pu ne pas savoir qu'on me photographiait?"» et ils m'ont répondu: "Tu étais concentrée sur l'examen"», se souvient-elle, timide.

Les réseaux sociaux s'emparent de son cas. L'Association de la jeunesse afghane lance une campagne de financement en ligne pour Jahantab Ahmadi et récolte 14 000 dollars, une fortune dans un pays où 39% de la population vit dans la pauvreté. Sur Facebook, un homme lui écrit: «Tu es une vraie championne du monde. Tu as montré qu'une fille hazara peut faire n'importe quoi dans n'importe quelles circonstances».

Zahra Yagana a aussi été impressionnée. Cette défenseur des droits des femmes a contacté Jahantab Ahmadi et l'a convaincue de venir à Kaboul pour y étudier. Elle l'aide actuellement à entrer dans une université privée de la capitale afghane. Et héberge la jeune mère, son mari et ses trois enfants.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Pragmatique le 26.03.2018 13:13 Report dénoncer ce commentaire

    Comme dit l'adage "votre ignorance est leur pouvoir". Puisse-t-elle leur prouver sa connaissance!

  • Aix en Provence le 26.03.2018 13:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bel exemple d'humilité et de simplicité, cette femme est admirable. Beaucoup de lecteurs habituellement critique devraient prendre exemple et arrêter de râler pour de simples futilités conformistes... bouchons sur les routes, retard de train, grève...etc etc.

  • Jean II le 26.03.2018 16:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il y a quelques mois en France des étudiants en université étaient aussi assis parterre sur les côtés de la salle pour prendre des notes faute de place . Et pour certaines des mères de famille .

Les derniers commentaires

  • torolkozo le 26.03.2018 20:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La photo de cette Afghane a bouleversé la Toile mais que fait-on concrètement pour elle ??? Rien du tout !!!

  • Mum le 26.03.2018 20:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On a pas une meilleure vie

  • Paulus le 26.03.2018 18:38 Report dénoncer ce commentaire

    Quel cinéma!

  • Siegfried le 26.03.2018 17:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L’éducation vous fera libres

  • Jean II le 26.03.2018 16:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il y a quelques mois en France des étudiants en université étaient aussi assis parterre sur les côtés de la salle pour prendre des notes faute de place . Et pour certaines des mères de famille .