Inde

04 septembre 2018 08:43; Act: 04.09.2018 11:22 Print

La plus haute statue du monde bientôt terminée

Bombay a investi plus de 800 millions d'euros pour ériger deux monuments gigantesques de près de 200 mètres de haut.

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La «statue de l'Unité» culminera bientôt à 182 mètres de haut. (photo: AFP/sam Panthaky)

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Dans un coin reculé d'Inde, une armée d'ouvriers érige la plus haute statue de la planète, représentant un héros de l'indépendance du pays. L'emblème est non dépourvu de symbolique politique, à l'instar d'une autre effigie colossale en projet.

En proie à un accès de nationalisme et de gigantisme aux mains des nationalistes hindous, l'Inde est engagée dans la construction de deux statues titanesques. La première est en cours d'achèvement dans le Gujarat (ouest), bastion du Premier ministre Narendra Modi. La seconde, annoncée pour 2021, figurera un célèbre roi guerrier hindou dans la baie de Bombay. Chacune mesurera le double de la statue de la Liberté de New York. Coût de ces chantiers: environ 800 millions d'euros.

La taille de ces statues et le choix des personnages qu'elles représentent - tous deux emblèmes nationalistes hindous - ne sont cependant pas anodins, alors que l'Inde entre en campagne électorale en vue des élections législatives de l'année prochaine.

«L'homme de fer de l'Inde»

Le Bharatiya Janata Party (BJP), parti au pouvoir depuis 2014 à New Delhi, «s'approprie des icônes depuis quelque temps», note Sudha Pai du Indian Council of Social Science Research. Au Gujarat, la «statue de l'Unité», en l'honneur de l'un des personnages-clés de l'indépendance, Sardar Vallabhbhai Patel, culminera bientôt à 182 mètres de haut au barrage Sardar Sarovar.

Sur ce chantier, des milliers de travailleurs s'affairent actuellement à poser le revêtement en bronze en vue de l'inauguration programmée pour le 31 octobre, date anniversaire de la naissance du Premier ministre de l'Inde post-coloniale.

Une facture faramineuse

Aussi appelé «l'homme de fer de l'Inde», pour la façon dont il a négocié le ralliement d'États princiers à la nation fraîchement émancipée, Patel est une figure politique révérée par les nationalistes hindous. Ceux-ci considèrent que l'histoire l'a injustement oublié au profit de Jawaharlal Nehru, premier chef de gouvernement du pays et issu des rangs du parti du congrès, formation actuellement dans l'opposition.

Prévue pour s'élever sur un affleurement rocheux en pleine mer face à la mégapole, la structure du Shivaji devrait dépasser celle du Patel de 30 mètres - en prenant en compte les piédestaux.

Mais une facture d'ores et déjà faramineuse - 36 milliards de roupies (435 millions d'euros), peut-être davantage - et une date butoir rapprochée font que nombre d'habitants de la capitale économique doutent toutefois que le Shivaji soit achevé en 2021 comme prévu.

(L'essentiel/afp)