Au Burkina Faso

22 novembre 2020 08:26; Act: 23.11.2020 18:01 Print

La pression monte avant la présidentielle

Alors que l’élection présidentielle a lieu dimanche au Burkina Faso, l’opposition a accusé le pouvoir de préparer une «fraude massive».

storybild

Ce scrutin est considéré comme le plus ouvert de l’histoire du Burkina Faso, pays agricole et minier très pauvre d’Afrique de l’Ouest. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

L’opposition a fait monter la pression, samedi, au Burkina Faso, à la veille des élections, accusant le pouvoir de préparer une «fraude massive» et menaçant de ne pas reconnaître les résultats en cas de victoire dès le premier tour du président sortant, Roch Marc Christian Kaboré. Cette annonce survient alors que le pays vit ses heures les plus sombres depuis l’indépendance en 1960, miné par des attaques de groupes djihadistes qui ont fait au moins 1 200 morts en cinq ans. Signe de la tension ambiante, un citoyen américain a été tué samedi par des forces de sécurité devant un camp militaire de Ouagadougou.

«C’est un regrettable accident (…) Face à son refus d’obtempérer, suivi d’une tentative de fuite, ils (soldats) ont procédé à des tirs (…) Il a aussitôt été évacué vers un centre de santé où il a malheureusement rendu l’âme», a expliqué une source sécuritaire burkinabè. Une source diplomatique américaine a confirmé la mort d’un ressortissant des États-Unis.

«Fraude massive»

La situation est notamment très tendue autour des camps et bases militaires souvent ciblés par les djihadistes en province mais aussi une fois à Ouagadougou. Le 2 mars 2018, des attaques simultanées visant l’état-major des armées dans la capitale et l’ambassade de France avaient coûté la vie à huit militaires de l’état-major. Le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, principal challenger du président sortant, et cinq autres candidats ont dénoncé lors d’un point presse à Ouagadougou des fraudes dans l’organisation du double scrutin présidentiel et législatif de dimanche.

«Il est clair qu’il y a une grande opération orchestrée par le pouvoir en place», a déclaré Zéphirin Diabré, évoquant «une fraude massive pour légitimer» une victoire au premier tour du président Kaboré et menaçant de ne «pas accepter des résultats entachés d’irrégularité».

«Il est absolument inconcevable après avoir parcouru tout le Burkina Faso de penser avoir un parti gagnant dès le premier tour», a martelé Zéphirin Diabré, avec à ses côtés Eddie Komboïgo, candidat du parti de l’ancien président Blaise Compaoré et présenté comme le troisième homme du scrutin. Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) de Blaise Compaoré, qui avait été interdit de scrutin en 2015, est en effet de retour, l’ex-président semblant bénéficier d’un certain retour en grâce dans l’opinion publique burkinabè.

(L'essentiel/afp)