En Russie

09 octobre 2019 13:06; Act: 09.10.2019 13:30 Print

La pression monte sur l'opposant n°1 à Poutine

Moscou a porté mercredi un nouveau coup à Alexeï Navalny, principal opposant au Kremlin, en classant son organisation anticorruption comme «agent de l'étranger».

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Vladimir Poutine (à gauche) porte ce mercredi un nouveau coup à son principal opposant, Alexeï Navalny (à droite).

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Les autorités russes ont porté mercredi un nouveau coup au principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, en classant son organisation anticorruption comme «agent de l'étranger», une mesure qui la soumet à une surveillance accrue. Le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), à l'origine de nombreuses enquêtes dénonçant les malversations et le train de vie fastueux des élites russes, était déjà visé par une affaire pour «blanchiment». Ses comptes ont été gelés en août par la justice et des perquisitions massives l'ont touché en septembre.

«Un contrôle des activités de cette organisation non gouvernementale a permis de déterminer qu'elle remplit des fonctions d'agent de l'étranger», a indiqué mercredi le ministère de la Justice, dans un communiqué publié sur son site. Alexeï Navalny a réagi sur Twitter en dénonçant une décision «illégale», assurant que son Fonds n'a «pas reçu un kopeck d'argent étranger». «Poutine a peur du FBK, car il s'appuie sur le pouvoir des voleurs, des corrompus et nous, nous faisons la lumière sur la corruption», a-t-il encore déclaré.

Une dizaines d'ONG classées sous ce terme

La classification «agent de l'étranger», introduite par une loi en 2012, désigne une organisation bénéficiant d'un financement d'un autre pays et qui a une «activité politique». Ce concept très imprécis a permis de viser de nombreux groupes critiques du pouvoir. Les «agents de l'étranger» sont obligés de s'afficher en tant que tel dans toute communication ou activité publiques, sont soumis à d'importantes contraintes administratives et financières, et font l'objet d'une surveillance accrue.

Ce terme rappelle aussi une expression de l'époque stalinienne pour justifier la répression d'opposants réels ou supposés. Il a aussi été employé dans les années 1970 et 1980 pour qualifier les dissidents, accusés d'être à la solde de l'Occident. Depuis 2012, des dizaines d'ONG ont été classées sous ce terme, parmi lesquelles beaucoup d'organisations de défense des droits humains, comme la plus importante d'entre elles, Mémorial, mais aussi des associations d'écologistes ou de photographes amateurs.

(L'essentiel/afp)