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28 septembre 2020 09:30; Act: 28.09.2020 11:49 Print

La prochaine mission vers Vénus sera-​​t-​​elle privée?

Une société américaine veut lancer d’ici trois ans sa propre sonde vers la planète, délaissée par les agences spatiales depuis les années 1980.

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Connue aussi sous le nom d’étoile du Berger, Vénus, très lumineuse, baigne dans une température de surface autour de 470°C avec une pression plus de 90 fois plus grande que celle de la Terre. (photo: Keystone)

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Une petite société de fusées devancera-t-elle la NASA et l’Europe en allant explorer Vénus dans trois ans? C’est l’espoir de Peter Beck, patron de la petite société américaine Rocket Lab, qui veut lancer sa propre sonde à bas coûts en 2023. «Une mission pour Vénus devrait coûter environ 30 millions de dollars», assure Peter Beck à Auckland, en Nouvelle-Zélande, sur la côte de laquelle Rocket Lab a installé son pas de lancement. Le site, loin de tout, a un accès au ciel dégagé de tout trafic aérien.

Vénus, infernale et toxique, a été largement délaissée depuis les années 1980 par les agences spatiales au profit des planètes plus distantes du système solaire dont Mars, où des dizaines de sondes et de robots ont été envoyées dans l’espoir d’y découvrir les premières traces de vie passée. «Sur Vénus, on cherche des traces de vie actuelle», corrige Peter Beck, en insistant sur le mot «actuelle».

Phosphine dans les nuages

La découverte surprise d’une molécule appelée phosphine dans les nuages de Vénus, grâce à des radiotélescopes sur Terre, a provoqué le 14 septembre une vague d’enthousiasme chez les astronomes et astrobiologistes qui défendent depuis des années l’hypothèse que des microbes vivent aujourd’hui dans les nuages de la planète. La phosphine n’est pas une preuve définitive, mais il est possible qu’elle trahisse la présence d’organismes vivants. L’annonce a même poussé le chef de l’agence spatiale américaine (NASA) à dire qu’il fallait redonner la priorité à Vénus.

Il se trouve que Peter Beck faisait partie du camp pro-Vénus, et réfléchissait depuis deux ans à la faisabilité de l’envoi d’une sonde, entièrement développée de façon privée, raconte-t-il. Il a calculé, à l’aide d’un doctorant, que le petit satellite que Rocket Lab a développé en interne, Photon, pouvait être adapté pour un voyage interplanétaire.

Cinq minutes, chute comprise

Le créneau commercial de Rocket Lab est l’envoi de petits satellites en orbite terrestre, avec sa petite fusée de 18 mètres de hauteur, un pari lucratif et en plein essor avec la multiplication des microsatellites. La sonde pour Vénus sera donc petite: de l’ordre de 37 kilogrammes et 30 cm de diamètre. Le voyage depuis la Terre prendra 160 jours, puis Photon lâchera la sonde dans les nuages de la planète pour les analyser, sans parachute, à 11 kilomètres par seconde.

La sonde n’aura donc qu’entre 270 et 300 secondes pour faire ses mesures dans les parties intéressantes de l’atmosphère, selon Peter Beck. Puis elle se désintégrera ou s’écrasera dans la fournaise vénusienne, si chaude que le plomb y fondrait (465 degrés Celsius au sol).

Une nouvelle ère spatiale

Le plus compliqué sera de choisir l’instrument scientifique: quelle molécule devra-t-il chercher? Et surtout: il devra peser de l’ordre de 3 kg seulement, une miniaturisation dont des experts doutent, mais tout à fait possible, répond Peter Beck. Là, Rocket Lab aura besoin de l’aide de scientifiques (l’astronome Sara Seager du MIT collabore déjà).

Cette aventure très personnelle s’inscrit dans la nouvelle ère spatiale, dont le meilleur représentant est Elon Musk, le fondateur de SpaceX, qui a révolutionné le secteur des lancements avec ses fusées réutilisables. La société spatiale privée achemine désormais les astronautes de la NASA vers la station spatiale internationale, et rêve de coloniser Mars.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Priorité le 28.09.2020 18:14 Report dénoncer ce commentaire

    Aller sur Mars ou sur Vénus n'apportera rien à l'humanité. Par contre mettre tout cet argent pour éradiquer la faim et la soif sur terre serait beaucoup plus intelligent

  • Zan le 28.09.2020 13:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tout ce que va coûter la mission, pourrait sauver beaucoup de gens sur terre, sens ramener d'autres virus sur terre

Les derniers commentaires

  • Priorité le 28.09.2020 18:14 Report dénoncer ce commentaire

    Aller sur Mars ou sur Vénus n'apportera rien à l'humanité. Par contre mettre tout cet argent pour éradiquer la faim et la soif sur terre serait beaucoup plus intelligent

  • Zan le 28.09.2020 13:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tout ce que va coûter la mission, pourrait sauver beaucoup de gens sur terre, sens ramener d'autres virus sur terre

    • gazeleau le 28.09.2020 14:58 Report dénoncer ce commentaire

      ça c'est un argument faible doublé d'une éventualité farfelue. Les missions spatiales ont leurs retombées technologiques qui du coup sauvent des vies ici. Couverture de survie, thermomètre auriculaire, traitements sanitaires d'eau potable, détecteurs de fumée, ... on peut très bien faire les 2!

    • Oui mais le 28.09.2020 15:10 Report dénoncer ce commentaire

      C'est une société privée qui s'auto finance, et en plus du virus qu'ils vont ramener il vont peut être ramener des découvertes impensable sur terre, cela s'appelle l'exploration (spatiale maintenant) c'est dans l'ADN humain, Notre espèce en dépend et a survécu grâce a cela...