Justice internationale

16 novembre 2016 15:31; Act: 16.11.2016 17:33 Print

La Russie se retire de la Cour pénale internationale

Alors que la Cour pénale internationale (CPI) lançait un appel contre les défections ce mercredi, Moscou a suivi les décisions de la Gambie, de l'Afrique du Sud et du Burundi.

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Mercredi s'est ouverte la 15e session de l'Assemblée des États parties («AÉP») au statut de Rome. (photo: Keystone)

op Däitsch

La Russie a annoncé ce mercredi le retrait de sa signature du statut de Rome, le traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). Elle lui reproche son manque d'indépendance et de ne pas avoir été à la hauteur des espoirs placés en elle. Le président russe Vladimir Poutine a signé mercredi un décret en ce sens. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a été chargé d'informer les Nations unies de cette décision.

La Russie a signé en 2000 - mais n'a jamais ratifié - le Statut de Rome créant la CPI, tout comme 31 autres États, dont les États-Unis et Israël. Ce texte définit les crimes internationaux sur lesquels la Cour a un pouvoir juridictionnel. Il s'agit notamment des crimes de génocide, des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ainsi que des crimes d'agression si ceux-ci ont lieu sur le territoire d'un État partie ou par l'un de ses ressortissants. La Cour peut cependant avoir compétence sur des crimes si le Conseil de sécurité des Nations unies le lui autorise.

Retrait de trois pays africains

Plus tôt cette semaine, la CPI avait publié une déclaration dans laquelle elle considérait que la Russie et l'Ukraine étaient impliquées dans un conflit armé, avec la Crimée comme territoire occupé.

«Ne partez pas», a déclaré mercredi le président de l'Assemblée des États parties au statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). Il lançait ce «message solennel» aux trois pays africains qui ont récemment annoncé leur retrait de la CPI. Le «puissant sentiment d'injustice» des États africains qui accusent la Cour de persécution envers les Africains «a pris les contours d'une crise qu'il faut vite circonscrire depuis le retrait de trois États», a plaidé Sidiki Kaba, à l'ouverture de la quinzième Assemblée des États parties à La Haye.

Lundi, la Gambie a officiellement notifié son retrait de la CPI auprès des Nations unies, après l'Afrique du Sud et le Burundi en octobre.

(L'essentiel/AFP)