En Thaïlande

02 septembre 2018 11:26; Act: 02.09.2018 11:28 Print

La ville de Bangkok est en train de couler

Construite à 1,5 mètre au-dessus du niveau de la mer, la mégalopole s'affaisse de un à deux centimètres par an et pourrait être en partie submergée d'ici à 2030.

storybild

En 2011, la mousson avait provoqué de graves inondations à Bangkok. (photo: AFP/Nicolas Asfouri)

Montée du niveau de la mer, érosion du rivage, urbanisation galopante: Bangkok, qui accueille du 4 au 9 septembre la réunion préparatoire de la COP-24, la prochaine conférence de l'ONU sur le climat, s'enfonce inexorablement et pourrait être en partie submergée d'ici à 2030. Construite sur des terres marécageuses à 1,5 mètre au-dessus du niveau de la mer, la mégapole de plus de dix millions d'habitants «s'affaisse aujourd'hui de un à deux centimètres par an et risque de subir des inondations très importantes dans un futur proche», relève Tara Buakamsri, directeur de Greenpeace Thaïlande, dans un entretien à l'AFP.

Lors des grandes inondations de 2011, plus d'un cinquième de la ville avait été submergé. Les zones périphériques avaient été particulièrement touchées, tandis que le quartier des affaires avait été épargné grâce à des digues dressées à la hâte. Un scénario qui est amené à se reproduire de plus en plus fréquemment: «près de 40%» de la ville pourrait être inondés dès 2030, selon des prévisions de la Banque mondiale, qui classe la mégapole comme l'une des plus menacées d'Asie, avec Jakarta.

«Ville obèse sur un squelette d'enfant»

Bangkok, «ville obèse sur un squelette d'enfant» selon l'expression du géologue Thanawat Jarupongsakul, est d'abord victime de son développement frénétique: le poids des gratte-ciel, qui ne cessent de grimper dans la cité en perpétuelle transformation, contribue à son engloutissement progressif. Et «les nombreux canaux qui traversaient la capitale, appelée autrefois la Venise de l'Orient, ont en partie disparu, recouverts par l'important réseau routier. Ils constituaient pourtant un bon système de drainage naturel», relève Suppakorn Chinvanno, expert sur le climat à l'Université Chulalongkorn de Bangkok.

Le problème vient aussi des millions de mètres cube d'eau pompés dans la nappe phréatique pendant des décennies. L'utilisation des eaux souterraines est désormais réglementée mais certains continuent à les ponctionner en toute illégalité: en janvier, la police thaïlandaise a ainsi inspecté des dizaines de maisons closes, accusées de les siphonner pour offrir des «massages savonneux» à leurs clients. La ville est aussi victime du changement climatique qui fait grimper les eaux du Golfe de Thaïlande de 4 millimètres par an, plus que la moyenne mondiale. «Aujourd'hui, elle est déjà en grande partie sous le niveau de la mer», note Tara Buakamsri. Quant aux kilomètres de littoral qui bordent la capitale, ils subissent une importante érosion. «On y a construit de nombreuses fermes de crevettes, ce qui a accentué le phénomène», souligne Suppakorn Chinvanno. Menacée au sud par la mer, la ville est, au nord, très vulnérable aux crues de mousson, et «les spécialistes anticipent des tempêtes de plus forte intensité dans les années à venir», ajoute-t-il.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Peace & Love le 02.09.2018 12:00 Report dénoncer ce commentaire

    L'avenir s'annonce sombre, l'humain a voulu construire partout, et la nature gagne toujours.

  • kniptchen le 03.09.2018 00:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L’avare n’a pas de hache, heureusement.

  • lucifer le 03.09.2018 02:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L avenir s annonce sombre,certes, mais on a encore du temps devant nous (pour certains), alors vivons heureux et normalemente dans notre monde (système)! Après tout, on a beau dire qu il faut faire quelque chose, mais on ne changera rien! Comme georgette le dit si bien, l homme s adaptera jusqu au dernier. Mais rassurez-vous, ce n est pas pour demain :)

Les derniers commentaires

  • Jacques Sillerson le 03.09.2018 08:02 Report dénoncer ce commentaire

    Le problème est partout le même : aucune gestion de la démographie. La planète est surpeuplée.

  • lucifer le 03.09.2018 02:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L avenir s annonce sombre,certes, mais on a encore du temps devant nous (pour certains), alors vivons heureux et normalemente dans notre monde (système)! Après tout, on a beau dire qu il faut faire quelque chose, mais on ne changera rien! Comme georgette le dit si bien, l homme s adaptera jusqu au dernier. Mais rassurez-vous, ce n est pas pour demain :)

  • kniptchen le 03.09.2018 00:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L’avare n’a pas de hache, heureusement.

  • georgette le 02.09.2018 15:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @ Peacd & Love et l’homme s’adaptera

    • Ginette le 03.09.2018 00:11 Report dénoncer ce commentaire

      L'homme non, les enfants de ses enfants peut-être. En attendant, une jolie période de souffrance attend cette descendance, profitez bien de ces dernières belles années passées à massacrer la planète.

  • mimi le 02.09.2018 14:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bientôt Dubai dans le même cas