En Haïti

16 août 2021 07:23; Act: 16.08.2021 11:23 Print

Le bilan du séisme s’alourdit à 1 297 morts

Le bilan du séisme de magnitude 7,2, qui a frappé Haïti samedi, ne cesse de s’alourdir. La recherche des disparus continue.

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Une église ravagée par le séisme aux Cayes en Haïti, le 15 août 2021. (photo: AFP)

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Le puissant séisme en Haïti, samedi, a fait près de 1 300 morts et 5 700 blessés, laissant des milliers de personnes sans abri dans le sud-ouest du pays ou à la recherche de proches disparus ou bloqués sous les décombres. Tout en subissant des répliques du tremblement de terre de magnitude 7,2, habitants et secours se sont affairés dimanche avec des moyens limités pour retrouver des survivants.

Nombre d’engins lourds, camions et tractopelles s’activaient pour déplacer des dalles de béton des bâtiments effondrés dans la ville des Cayes près de l’épicentre du séisme, à quelque 160 km de la capitale haïtienne Port-au-Prince, a constaté l’AFP sur place. Le séisme a frappé le sud-ouest d’Haïti samedi à 08h29 (14h29 au Luxembourg). Dimanche soir, le bilan dressé par la protection civile haïtienne s’établissait précisément à 1 297 morts. Près de 30 000 maisons ont été détruites ou endommagées.

Ruines

De la bâtisse de deux étages de Marcel François aux Cayes, il ne reste que des ruines. «C’est une grâce de Dieu et aussi grâce à mon téléphone que je suis vivant car j’ai pu dire aux gens dehors où j’étais localisé», raconte à l’AFP l’homme de 30 ans. Son petit frère Job, aidé de voisins, a passé plus de trois heures à le sortir des gravats, sans rien d’autre que la force de leur bras. «J’étais dans le bus pour aller au travail quand le séisme s’est produit. J’ai réussi à joindre Marcel au téléphone mais il m’a dit ‘‘viens me sauver, je suis sous le béton’’», témoigne Job François.

Blessé à la tête, une fois tiré des parpaings et des meubles brisés, Marcel François a immédiatement été transporté à l’hôpital, en état de choc car sans nouvelles de sa fille de 10 mois, encore piégée dans les ruines. «J’ai pensé que mon enfant était morte. Je pleurais quand je suis arrivée à l’hôpital, j’étais résigné», confie le trentenaire avec émotion. Grâce à l’action conjointe des habitants et de son oncle, la petite Ruth Marlee Alliyah François a été sortie de la maison, quatre heures après le séisme.

Secours entravés

Les efforts des secours pour aider les victimes pourraient cependant être entravés à l’approche de la dépression tropicale Grace, avec un risque de pluies torrentielles et d’inondations rapides, selon le service national météorologique des États-Unis. Elle est attendue dans la nuit de lundi à mardi, et le pays a été placé en vigilance renforcée.

Du personnel et des médicaments ont déjà été acheminés par le ministère de la Santé vers la péninsule sud-ouest mais la logistique d’urgence est aussi mise en péril par l’insécurité qui mine Haïti depuis des mois. Sur un peu plus de deux kilomètres, l’unique route reliant la capitale à la moitié sud du pays traverse le quartier pauvre de Martissant sous contrôle des gangs armés depuis début juin, empêchant la libre circulation. Les rares hôpitaux existant dans les régions affectées peinent à fournir les soins d’urgence.

(L'essentiel/afp)