Intempéries au Japon

11 juillet 2018 08:17; Act: 11.07.2018 11:01 Print

Le bilan passe à 179 morts, Abe sur place

Shinzo Abe s'est rendu mercredi dans l'ouest du Japon, où ont péri au moins 179 personnes, après des intempéries historiques.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, s'est rendu mercredi dans la région sinistrée de l'ouest du Japon où ont péri au moins 179 personnes piégées par les inondations et glissements de terrain provoqués par des pluies diluviennes. Shinzo Abe, qui a annulé une tournée dans quatre pays (dont la Belgique et la France), a quitté Tokyo en début de matinée pour visiter la province d'Okayama, une des plus touchées avec celle de Hiroshima. Il y a notamment rencontré des sinistrés regroupés dans des gymnases.

Outre les 179 morts recensés, les autorités disent être sans nouvelles de plusieurs autres habitants, les médias parlant de plus de 50 ou 60 disparus. Il s'agit de la plus grave catastrophe liée à un phénomène météorologique dans l'archipel depuis 1982.

Questions sur l'avenir

Des milliers de sinistrés étaient hébergés dans des refuges des autorités, d'autres ayant été accueillis par des proches et beaucoup s'interrogeant sur leur avenir. En début de matinée, dans l'un de ces lieux d'hébergement improvisés, le gymnase de l'école primaire Okada du quartier Mabi à Kurashiki, 20 à 30 personnes, pour la plupart des femmes et des personnes âgées, étaient assises ou allongées sur le sol recouvert de nattes.

Des centaines d'autres étaient à l'extérieur, parties nettoyer leurs maisons. Des climatisations y ont été installées durant la nuit, la température extérieure excédant 35 degrés. Hiroko Fukuda, 40 ans, a fui sa demeure vendredi soir seulement avec quelques vêtements. Elle n'est repassée chez elle que lundi. Le rez-de-chaussée a été dévasté du sol au plafond, placard détruit, tatamis sens dessus dessous.

«Nous conservions des photos dans la pièce de style japonais du rez-de-chaussée, des poupées traditionnelles Hina pour la fête des filles en mars, ainsi que mes kimonos et mon furisode (un type de kimono aux manches longues et fluides). Je voulais que ma fille le porte», confit-elle à l'AFP, les larmes aux yeux. «Nous pouvons laisser les appareils ménagers partir, mais des souvenirs comme cela, non. Il est impossible de reprendre des photos d'elle quand elle avait trois ans, impossible, ça fait trop de peine», confie-t-elle.

Travaux de nettoyage

Quelque 75 000 policiers, pompiers, soldats des Forces d'autodéfense (NDLR: appellation de l'armée japonaise) et garde-côtes avaient été dépêchés au secours aux victimes. Les recherches et travaux de nettoyage se poursuivent désormais sous une chaleur étouffante, avec une température de 35°C prévue à l'ombre «et ce temps ensoleillé devrait durer une semaine au moins», a précisé le porte-parole du gouvernement. «Une grande vigilance» s'impose face au risque d'insolation et de coup de chaleur, ainsi qu'en raison des possibles nouveaux glissements de terrain, a-t-il insisté.

Les précipitations inédites enregistrées en l'espace de trois jours ont entraîné de terribles inondations, des coulées de boue et d'autres dégâts majeurs qui ont piégé de nombreux habitants. «J'ai vu ma maison sombrer sous l'eau et je ne pouvais rien faire du tout, absolument rien, je me sentais impuissante», raconte Fumiko Inokuchi, 61 ans, habitante de Mabi. Les pompiers envoyés dans le quartier ont contrôlé une à une 2 000 maisons envahies par les eaux. Elles ont toutes déjà été une fois inspectées par les militaires mais ils veulent être «absolument sûrs» que ne s'y trouvent pas des survivants ou des corps.

(L'essentiel/afp)