Asie

05 août 2019 07:31; Act: 05.08.2019 07:44 Print

Le Cachemire pakistanais en état d'alerte

Après des tensions avec l'Inde, un appel à la vigilance a été adressé dimanche, aux habitants du Cachemire pakistanais.

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Des policiers protègent la zone où repose une bombe non explosée sur la Ligne de contrôle (LOC), la frontière de facto entre Inde et Pakistan.

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Les autorités ont demandé dimanche aux villageois vivant au Cachemire pakistanais de rester vigilants, alors que le Pakistan accuse l'Inde d'avoir récemment employé des bombes à sous-munitions dans ce territoire que les deux voisins et puissances nucléaires se disputent.

«Ne touchez pas à de tels objets. Ne laissez pas vos enfants s'en approcher», ont averti les autorités du Cachemire pakistanais sur les réseaux sociaux et dans des messages envoyés aux habitants via l'application WhatsApp. L'avis a été émis après que plus de 50 ressortissants chinois travaillant à la construction d'un barrage au Cachemire pakistanais ont été évacués, mardi, suite à des bombardements venant d'Inde.

Quatre morts

Le Pakistan a accusé dimanche l'Inde d'avoir utilisé des bombes à sous-munitions contre des civils dans la même zone, soit le secteur de Noseri, ce que New Delhi nie. Les autorités locales ont ensuite emmené un groupe de journalistes à Noseri, sur la Ligne de contrôle (LOC), la frontière de facto entre Inde et Pakistan. «Quatre personnes ont été tuées et 11 autres blessées par des bombes à sous-munitions lors de deux incidents différents» dans ce secteur, a déclaré Badr Munir, un cadre du gouvernement local.

Le marché de Noseri semblait désert dimanche, les magasins étant fermés et les rues vides, a constaté un journaliste de l'AFP. Les autorités ont également montré aux journalistes deux bombes à sous-munitions non explosées. Un groupe d'experts et la police recherchent d'autres engins non explosés dans la région, a déclaré Badr Munir.

«Crise régionale»

Les bombes à sous-munitions peuvent contenir des dizaines de petites bombes qui se dispersent sur de vastes zones et continuent de tuer et de mutiler des civils longtemps après leur largage. Leur utilisation est interdite en vertu d'un traité international que ni l'Inde ni le Pakistan n'ont ratifié.

Muhammad Siddique a raconté aux journalistes que ses enfants jouaient dehors quand ils ont trouvé l'un de ces engins non explosés et l'ont ramené chez eux. «Il a explosé pendant qu'ils jouaient avec. Mon fils Ayan Ahmad a été tué et 11 personnes blessées», a-t-il déploré.

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a accusé dimanche l'Inde de «nouvelles actions agressives», affirmant qu'elles pourraient «se transformer en crise régionale». Il a ensuite présidé une réunion du comité de sécurité nationale pakistanais consacrée à la situation au Cachemire.

Tentative d'infiltration

Alors que les tensions montent entre les deux pays, l'armée indienne a de son côté déclaré dimanche qu'elle avait déjoué une tentative d'infiltration sur son territoire d'un groupe composé de soldats pakistanais et de civils, tuant «cinq à sept» assaillants. Le Pakistan a rejeté ces allégations, les qualifiant de «sans fondement». Les deux puissances nucléaires se sont livrées en février leurs premiers combats aériens depuis des décennies, à la suite d'un attentat-suicide au Cachemire indien revendiqué par un groupe extrémiste basé au Pakistan.

Le Cachemire, divisé entre Inde et Pakistan, est revendiqué en totalité par les deux pays. Cette région montagneuse est à l'origine de deux des trois guerres entre les deux voisins depuis leur partition en 1947, à la fin du joug colonial britannique.

(L'essentiel/nxp/afp)