Procès George Floyd

06 avril 2021 06:58; Act: 06.04.2021 11:07 Print

Le chef de la police accable Derek Chauvin

Selon son ancien supérieur hiérarchique, l’agent qui a provoqué la mort de George Floyd a «violé les règles» et «les valeurs» des forces de l’ordre.

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Le chef de la police de Minneapolis, Medaria Arradondo, a témoigné lundi lors du sixième jour du procès de Derek Chauvin, son ancien subordonné, dont il a condamné les agissements. (photo: AFP/POOL VIA COURT TV)

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Le chef des forces de l’ordre de Minneapolis a accablé, lundi, son ancien agent Derek Chauvin, en déclarant devant les jurés qu’il avait «violé les règles» et «les valeurs» de la police lors de l’interpellation de George Floyd. S’agenouiller sur le cou du quadragénaire noir «pouvait être raisonnable dans les premières secondes pour le contrôler, mais pas après qu’il eut cessé d’exercer une résistance, et surtout pas après qu’il se fut évanoui», a déclaré Medaria Arradondo venu témoigner en uniforme au sixième jour de ce procès hors-norme.

«Cela ne fait pas partie de notre politique, de notre formation et n’est certainement pas conforme à notre éthique, à nos valeurs», a asséné cet homme noir de 54 ans, qui dirige depuis trois ans la police de la métropole du nord des États-Unis.

Réaction immédiate

Le 25 mai, le policier blanc Derek Chauvin et trois de ses collègues avaient voulu arrêter l’Afro-Américain de 46 ans, soupçonné d’avoir écoulé un faux billet de 20 dollars. Pour le maîtriser, ils l’avaient menotté et plaqué au sol. Derek Chauvin s’était ensuite agenouillé sur son cou et avait maintenu sa pression pendant près de dix minutes. Face au tollé mondial, Medaria Arradondo avait rapidement licencié ces agents, tout en critiquant fermement leur action.

«La mort tragique de George Floyd n’était pas due à un problème de formation (…) C’était un meurtre», avait-il écrit dans un communiqué début juin. Lundi, son attaque fut plus indirecte. Il a d’abord insisté sur l’importance pour les quelque 700 agents en service à Minneapolis de faire preuve de «compassion et dignité».

«Improvisé»

Il a ensuite souligné que l’usage de la force devait être réservé aux crimes violents et qu’utiliser un billet contrefait n’entrait pas dans cette catégorie. Il a aussi reproché à Derek Chauvin de ne pas avoir «réévalué» l’état de santé de George Floyd au cours de son intervention. Pour toutes ces raisons, «je nie avec véhémence qu’il y ait eu un usage approprié de la force dans cette situation», a-t-il affirmé.

Inculpé pour meurtre, Derek Chauvin, 45 ans, plaide non coupable. Il assure notamment avoir suivi une procédure conforme à sa formation pour maîtriser un suspect récalcitrant. L’ancienne responsable de l’Académie de police de Minneapolis, Katie Blackwell, a elle aussi porté lundi un coup dur à cette ligne de défense.

(L'essentiel/afp)