États-Unis/Mexique

27 juin 2019 09:21; Act: 27.06.2019 10:22 Print

Le destin tragique du papa et sa fillette noyés

Oscar, 26 ans, et sa fille de deux ans, sont morts noyés en tentant de rejoindre les États-Unis. Leur cliché a fait le tour du monde. On en sait plus sur leur destin tragique.

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Oscar et Valeria avaient presque atteint l'autre rive, quand Oscar a été emporté, exténué, alors qu'un vent violent soufflait. La maman était derrière, elle a tout vu. (photo: AFP)

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Tania Avalos, une Salvadorienne de 21 ans, surnommait affectueusement «Sequito» (petit sec) son mari Oscar Martinez, qui aurait eu 26 ans en juillet. Pour leur fille Valeria, âgée de près de deux ans, ils rêvaient d'une vie meilleure aux États-Unis. Mais après un périple de 3 200 km, les eaux boueuses du Rio Bravo, ou Rio Grande selon la terminologie américaine, frontière naturelle entre le Mexique et les États-Unis, ont brisé leurs espoirs.

Tania a vu comment Oscar et Valeria ont été emportés dimanche par les eaux du fleuve. Elle n'a revu leurs corps que lundi matin. Les pompiers et les sauveteurs mexicains les ont trouvés près de la rive, deux corps flottants sur le ventre, enlacés dans une étreinte protectrice qui a ému le monde entier. L'image est devenue un symbole du drame de la migration illégale vers les États-Unis. Mais le premier acte de cette tragédie s'est joué en Amérique centrale, comme pour beaucoup de migrants fuyant la pauvreté et la violence dans leur pays pour un exil vers le nord.

Oscar était cuisinier dans une pizzeria de San Salvador. Avec Tania, ils en avaient assez de la pauvreté et des gangs criminels qui terrorisaient leur quartier. «Ils ont eu ce rêve américain, de parvenir à une vie meilleure», a raconté par téléphone à l'AFP Rosa Ramirez, la mère d'Oscar, qui réside à San Salvador. Le 3 avril, ils ont décidé de quitter leur pays, sans visa mais avec une route précise en tête vers les États-Unis. Selon les autorités, environ 200 Salvadoriens ont fait comme eux ce jour-là.

La jeune famille a traversé le Guatemala où elle est restée environ deux mois, le temps d'obtenir un permis migratoire de la part des autorités mexicaines. Avec ces papiers en poche, la famille a décidé de parcourir les 1 800 km séparant Tapachula de Matamoros à la frontière américaine. Durant ce long périple, ils étaient accompagnés d'un compatriote, Milton Paredes Menjivar, âgé de 19 ans.

Le bureau des migrations était... fermé

Selon Paredes, ils ont atteint Matamoros samedi dernier et ont passé la nuit dans un hôtel. Vers 8h du matin dimanche, ils ont pris un taxi pour se rendre au bureau des migrations situé sur le «Puente Nuevo», un des quatre points de passage permettant d'accéder à Brownsville, au Texas. Ils souhaitaient déposer une demande d'asile aux États-Unis au milieu de quelque 200 personnes. Mais le bureau était fermé, ils devaient attendre jusqu'à lundi. Frustrés, ils sont allés manger pour «passer le temps», selon Paredes, et c'est à ce moment-là qu'ils ont décidé de traverser illégalement la rivière.

Le Rio Bravo semble calme dans cette zone. Une trentaine de mètres sépare les deux rives. Il est peu profond, environ deux mètres, mais très périlleux. Oscar s'est engagé le premier, portant Valeria, qu'il avait glissée sous son tee-shirt, sur son dos tandis que Paredes aidait Tania. La jeune femme a raconté qu'Oscar et Valeria avaient presque atteint l'autre rive, quand Oscar a été emporté, exténué, alors qu'un vent violent soufflait. Tania et Paredes ont aussitôt rebroussé chemin avant d'aller prévenir les autorités mexicaines.

Carlos Alberto, le frère aîné d'Oscar qui vit aux États-Unis, espérait les accueillir et les aider à leur arrivée: «Ne prend pas le risque de traverser la rivière avec une petite fille, c'est très dangereux, ce fleuve est meurtrier», se souvient-il lui avoir dit.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Norby le 27.06.2019 16:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je vous donne raison Trump 2020 il ne faut pas donner la faute au autre le problème est interne la faute de se drame émouvant appartient seulement au gouvernement de San Salvador toute cette misère dans le monde que nous appartenons ne devrait plus jamais exister mais il est présent et pour très longtemps la justice appartient au riche et non aux pauvres

  • nafta le 27.06.2019 16:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    quand on bafoue la loi on risque sa vie, ils auraient mieux fait d'essayer d'améliorer leur pays d'origine...

  • duvaro le 27.06.2019 17:04 Report dénoncer ce commentaire

    C'est pourtant claie et net: Ils ne rentrent pas aux USA! Pourquoi essayer quand même? Un de ces jours un garde national va tirer sur eux et ils l'auront cherché

Les derniers commentaires

  • Illogique le 29.06.2019 11:55 Report dénoncer ce commentaire

    Cette famille a parcouru pendant des mois des kilomètres et des kilomètres de leu village à travers le Guatemala et le Mexique et elle n'es pas capable d'attendre un seul jour l'ouverture du bureau d'émigration? Pourquoi se jeter dans la rivière? Carlos Alberto, le frère aîné qui vit aux USA lui a dit pourtant dit: "Ne prend pas le risque de traverser la rivière avec une petite fille, c'est très dangereux, ce fleuve est meurtrier".

  • wayi le 29.06.2019 09:26 Report dénoncer ce commentaire

    Ils ont fui le Salvador, le Venezuela et d'autres pays latins. Pourquoi ne restent ils pas au Mexique qui est quand même plus proche d'eux en culture, en mentalité et en langue que les USA?

  • Pech le 29.06.2019 07:55 Report dénoncer ce commentaire

    J'ai voulu moi aussi aller vivre aux USA. Ils ne m'ont pas donné d'autorisation de séjour!

  • lol le 28.06.2019 02:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Quand on vous lit, la critique est facile, ça me tue. Pour rien au monde vous accepteriez de vivre leurs vies. Vous êtes tous là dans votre petit confort habituel depuis la naissance, c'est tellement normale que vous ne réalisez même pas que c'est une chance. La réalité c'est que si vous étiez nés Salvadoriens ou Africains, vous auriez sûrement fait le même choix de migrer légalement ou illégalement pour espérer avoir une vie normale. En attendant ce sont bien souvent les ressources naturelles de leurs pays que l'on puise pour que vous puissiez vivre confortablement votre quotidien d'égoïste. Aucune modestie...

  • reste les pieds sur terre le 27.06.2019 22:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J’ai un enfant de deux ans, et je braverai n’importe quel loi pour lui apporter une vie meilleur !

    • petitevoix le 29.06.2019 07:52 Report dénoncer ce commentaire

      Braver une loi et mettre la vie en danger n'est pas toujours synonyme