Carnet noir

13 juillet 2017 15:31; Act: 13.07.2017 16:59 Print

Le dissident chinois Liu Xiaobo est décédé

L'opposant au régime de Pékin, prix Nobel de la paix 2010, est décédé à l'hôpital où il était soigné pour un cancer. Il se trouvait en détention en Chine.

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Liu Xiaobo, ici en 2002 avec sa femme Liu Xia. (photo: AFP/Handout)

op Däitsch
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Premier Chinois à recevoir le prix Nobel de la paix, Liu Xiaobo, mort jeudi d'un cancer du foie après plus de huit années de détention, incarnait la lutte pour les idéaux démocratiques dans son pays. Ancienne figure de proue du mouvement démocratique de la place Tian'anmen en 1989 et bête noire du régime communiste, l'écrivain avait bénéficié d'une mise en liberté conditionnelle après avoir été diagnostiqué en mai d'un cancer du foie en phase terminale.

C'est depuis sa cellule, où il purgeait sa condamnation pour «subversion», que Liu Xiaobo avait appris en 2010 l'attribution du Nobel de la paix, qu'il avait dédié aux morts de Tian'anmen. La prestigieuse récompense lui avait été remise de façon symbolique, en son absence, le 10 décembre 2010 à Oslo, l'écrivain étant représenté à la cérémonie par une chaise vide. «Je n'ai ni ennemis ni haine», assurait-il alors selon un texte lu lors de la cérémonie de remise du Nobel. Liu Xiaobo se faisait fort de «répondre à l'hostilité du régime par la bonne volonté et à la haine par l'amour».

Sanglante répression

Ce prix avait provoqué la fureur de Pékin tandis que des images de fauteuils vides étaient censurées sur l'Internet chinois. Mais le Nobel avait également assuré une reconnaissance internationale à l'engagement de Liu Xiaobo, une lutte de plusieurs décennies marquée par de longues périodes de détention. En 1989, de retour des États-Unis, où il avait enseigné à l'Université Columbia de New York, cet enseignant de l'Université normale de Pékin participe au mouvement de Tian'anmen, déclenché par les étudiants. Face au durcissement du régime, il prend part à la grève de la faim sur la célèbre esplanade avant de tenter une médiation pour obtenir une évacuation pacifique à l'approche de l'armée, dans la nuit du 3 au 4 juin.

Arrêté après la sanglante répression du mouvement, M. Liu passera un an et demi en prison sans jamais avoir été condamné. Il est ensuite envoyé dans un camp de rééducation «par le travail» entre 1996 et 1999 après avoir réclamé une réforme politique et la libération des militants de 1989 toujours emprisonnés. Sur les rares photos prises lors de ses épisodes de liberté, il apparaît maigre, avec des lunettes à fine monture, un front large et des cheveux ras.

(L'essentiel/AFP)