Liban

30 septembre 2020 07:45; Act: 30.09.2020 10:48 Print

Le Hezbollah accusé d'avoir un entrepôt d'armes

Benjamin Netanyahu a présenté devant l’ONU une carte montrant, d’après lui, un «entrepôt d’armes secret» dans la banlieue sud de Beyrouth.

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Benjamin Netanyahu devant la carte dévoilée devant l’ONU, mardi. (photo: AFP)

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé mardi le Hezbollah libanais d’avoir un entrepôt d’armes «secret» à proximité de «dépôts» de carburant à Beyrouth, qui pourrait causer une «nouvelle tragédie» en cas d’explosion. Israël accuse depuis deux ans le Hezbollah, allié de l’Iran, de convertir des roquettes en missiles de précision dans différentes installations au Liban, notamment sur un site près de l’aéroport international de Beyrouth.

Dans un discours depuis Jérusalem retransmis à l’Assemblée générale de l’ONU, Benjamin Netanyahu a présenté une carte montrant d’après lui un «entrepôt d’armes secret» dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion de la formation chiite, près de l’aéroport. Il s’agit selon l’armée israélienne de missiles de précision. Il a précisé que cet «entrepôt» se trouvait «à un mètre» d’une «compagnie de gaz» et à une cinquantaine de mètres «d’une station-essence».

En se référant à l’explosion meurtrière qui a secoué Beyrouth au mois d’août, le chef du gouvernement israélien, par ailleurs en lutte ouverte contre l’Iran et le Hezbollah, a prévenu qu’une «autre tragédie» aurait lieu en cas d’explosion de ce présumé dépôt d’armes.

«Je dis aux gens du quartier de Jnah (NDLR: banlieue sud de Beyrouth), vous devez agir maintenant, vous devez vous opposer à ceci car si cela explose ce sera une autre tragédie», a déclaré en anglais Benjamin Netanyahu. «Je dis au peuple du Liban: Israël ne vous veut aucun mal mais l’Iran si. L’Iran et le Hezbollah vous ont placés délibérément, vous et vos familles, face à un grave danger», a-t-il ajouté.

Netanyahu «ment»

À Beyrouth, le chef de la formation libanaise n’a pas tardé à réagir en accusant le Premier ministre israélien de «chercher comme d’habitude à retourner le peuple libanais contre le Hezbollah». Dans un discours télévisé, Hassan Nasrallah a en outre invité la presse, dans une rare démarche, «à se rendre sur les lieux, à constater ce qu’il y a sur place et montrer au monde entier et en direct que Netanyahu ment».

Le Hezbollah n’entrepose pas «de roquettes dans le port de Beyrouth ni à proximité de stations de carburant et nous savons très bien où placer nos roquettes», a-t-il affirmé. En moins d’une heure, des dizaines de journalistes des médias arabes et étrangers, y compris l’équipe de l’AFP, se sont rendus sur le site situé dans un quartier populaire de la région de Jnah, dans la banlieue à proximité d’habitations et de commerces.

«C’est un site industriel ordinaire dans la région», a déclaré le responsable des relations médiatiques du Hezbollah, Mohamad Afif, qui accompagnait les journalistes dans la tournée. «Nous affirmons une fois de plus que toutes les accusations faites par l’ennemi à maintes reprises ne sont que des allégations mensongères», a ajouté Mohamad Afif.

Un photographe de l’AFP a constaté, à l’intérieur d’un hangar à deux étages, des équipements industriels lourds et des dizaines de grandes bonbonnes de gaz industriel, produits par l’usine selon un employé sur place. Alors que les journalistes se trouvaient à l’intérieur du site, des partisans du Hezbollah sont arrivés à motos en scandant des slogans en faveur de Nasrallah, notamment «Nous sommes vos roquettes, O Sayyed», un titre honorifique en islam.

Israël et le Liban sont techniquement en état de guerre et leur frontière commune, «patrouillée» côté libanais par une force de l’ONU, reste le théâtre d’incidents sporadiques. Le 27 juillet, des échanges de tirs nourris à la frontière entre les deux pays avaient rappelé, l’histoire d’une journée, le spectre de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah. Depuis le début de la guerre en Syrie, Israël a par ailleurs mené de nombreux raids aériens dans ce pays, visant notamment des combattants du Hezbollah libanais et des forces iraniennes qui soutiennent le président syrien Bachar el-Assad.

(L'essentiel/afp)