Dans les Balkans

11 juin 2019 09:00; Act: 11.06.2019 09:17 Print

La République du Kosovo est en paix depuis 20 ans

Cela fait vingt ans que le pays n'est plus en guerre mais les relations restent tendues entre Pristina et Belgrade.

storybild

Le Kosovo fête son 20e anniversaire. (photo: AFP/Archives)

Sur ce sujet
Une faute?

Des larmes de joie ou d'humiliation: Albanais et Serbes du Kosovo gardent un souvenir vif de ce 12 mai 1999, quand les troupes de l'OTAN ont commencé à se déployer, mettant un terme à la guerre.

Conséquence de la résolution 1244 de l'ONU votée deux jours plus tôt qui plaçait le Kosovo sous protection internationale, ce déploiement, dont le 20e anniversaire est célébré mercredi, marquait la fin de l'ultime guerre intercommunautaire dans l'ex-Yougoslavie.

Plus de 13 000 morts

Opposant depuis 1998 les forces serbes et une guérilla indépendantiste kosovare albanaise, ce conflit avait coûté la vie à plus de 13 000 personnes (dont plus de 11 000 Albanais, 2 000 Serbes et quelques centaines de Roms) quand plus de 800 000 Kosovars albanais s'entassaient dans des camps de réfugiés.

Moins de quatre ans après la fin des guerres de Bosnie et de Croatie, atrocités contre les civils et épuration ethnique ont entraîné une campagne de bombardement occidentale, menée durant trois mois sans mandat de l'ONU.

L'homme fort de Belgrade, Slobodan Milosevic, avait jeté l'éponge et ordonné le retrait de ses troupes de cette province méridionale majoritairement peuplée d'Albanais, mais que les Serbes considèrent comme leur berceau historique et religieux.

«Jour magnifique»

Depuis, autant la défiance serbe est forte, autant la popularité des Occidentaux et notamment des Américains est immense parmi les Kosovars albanais. Ils devraient encore exprimer cette gratitude mercredi à l'ancien président américain Bill Clinton et sa secrétaire d’État, Madeleine Albright, annoncés aux cérémonies à Pristina.

Edita Brajshori, une coiffeuse de 40 ans, se souvient du «plus beau jour de sa vie» et de la musique albanaise s'échappant des fenêtres après des années de répression aussi culturelle. «Un jour magnifique, sans aucun uniforme serbe à Pristina», renchérit Esat Rexhepi, 70 ans, qui avait revêtu son «plus beau costume et mis une cravate» pour accueillir les troupes occidentales.

Retours et exils

Ex-prisonnier politique, Behgjet Shala, 55 ans, était rentré chez lui en emboîtant le pas à un convoi de l'OTAN. Peu avant Pristina, il se souvient avoir croisé une «colonne serbe de civils, avec des tracteurs, qui quittaient le Kosovo».

«Certains revenaient à la maison quand d'autres la quittaient... J'avais pleinement conscience qu'il n'y aurait pas de retour vers le passé, que le Kosovo ne serait plus jamais sous la domination de la Serbie», dit-il.

Pour les Serbes du Kosovo, installés là depuis des siècles, ce 12 juin est un jour d'amertume et de peur, mais aussi souvent d'exil. Selon les chiffres de Belgrade, 200 000 Serbes devaient choisir de quitter le Kosovo pour se réfugier en Serbie. «Je pleurais... Je regardais notre armée se retirer et des étrangers arriver», dit Dobrosav Jakovljevic, un retraité de 73 ans. À ses yeux, «c'est Milosevic qu'il faut blâmer pour tout ça», mais «les Albanais ont tout ce qu'ils voulaient quand nous avons tout perdu».

4 000 soldats encore présents

Selon les estimations de Belgrade, quelque 120 000 Serbes vivent toujours au Kosovo, un tiers dans le nord et les autres dans une dizaine d'enclaves. Aux yeux de Djordje Jovanovic, un professeur de 46 ans de Mitrovica, la présence des quelque 4 000 soldats de la Kfor toujours présents, reste indispensable: «S'ils n'étaient pas là, il y aurait une autre guerre ici».

Les relations restent exécrables entre Pristina et Belgrade, qui ne reconnaît toujours pas l'indépendance proclamée en 2008 par son ex-province.

(L'essentiel/nxp/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Le Serbe le 11.06.2019 11:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    peut etre parce que le Kosovo est le berceau Serbe

  • Précédent le 11.06.2019 22:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo pour votre commentaire, j'aurais dit exactement la même chose.

  • Christian le 11.06.2019 14:58 Report dénoncer ce commentaire

    Le Kosovo est et reste une province de la République de Serbie à l'instar de la Vojvodine. La déclaration unilatérale de son "indépendance" en février 2008 n'a aucune valeur juridique en Droit international. Le Kosovo est géré par les institutions internationales (ONU, OTAN, EULEX, KFOR..) La résolution 1244 du Conseil de Sécurité issue des accords de Kumanovo est la seule base juridique légale.

Les derniers commentaires

  • Précédent le 11.06.2019 22:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo pour votre commentaire, j'aurais dit exactement la même chose.

  • Christian le 11.06.2019 14:58 Report dénoncer ce commentaire

    Le Kosovo est et reste une province de la République de Serbie à l'instar de la Vojvodine. La déclaration unilatérale de son "indépendance" en février 2008 n'a aucune valeur juridique en Droit international. Le Kosovo est géré par les institutions internationales (ONU, OTAN, EULEX, KFOR..) La résolution 1244 du Conseil de Sécurité issue des accords de Kumanovo est la seule base juridique légale.

  • Le Serbe le 11.06.2019 11:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    peut etre parce que le Kosovo est le berceau Serbe

  • Le Suisse le 11.06.2019 10:49 Report dénoncer ce commentaire

    Un record! Dans ces pays ils se tapent sur la tronche depuis la nuit des temps...