En Indonésie

03 avril 2017 08:45; Act: 03.04.2017 10:22 Print

Le «macaque au selfie» menacé par la chasse

Vous rappelez-vous de Naruto? En 2011, il avait un chipé un appareil photo pour faire un selfie. Lui et ses compagnons présents sur l'île des Célèbes sont la proie des chasseurs.

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En 2011, Naruto - macaque noir aux yeux ambrés - s'était emparé de l'appareil d'un photographe avant de faire un selfie. Son espèce est menacée de disparition. (photo: AFP)

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Le macaque noir aux yeux ambrés, mondialement célèbre depuis l'acte effronté d'un de ses représentants en 2011 qui avait chipé un appareil photo et pris un selfie, risque de disparaître: ce primate d'Indonésie est chassé pour sa viande et menacé par la déforestation. «Son habitat se réduit. Et les gens mangent les singes...», déplore Yunita Siwi, de l'ONG Selamatkan Yaki, qui fait campagne pour la protection de ce macaque.

L'espèce, protégée, est en voie d'extinction. Vivant uniquement dans la jungle, sur l'île des Célèbes (centre de l'Indonésie), il est victime des chasseurs Minahasan, un peuple autochtone pour lequel ce singe est un mets aussi savoureux que pour d'autres le foie gras. Par ailleurs, comme son habitat naturel se réduit, il s'aventure de plus en plus dans des cultures, au risque de tomber sous les balles de paysans furieux.

«Quand il est cuit, j'aime le goût»

Mais environ 2 000 macaques noirs vivent à Tangkoko dans une réserve de 8 700 hectares où ils sont relativement protégés - ce qui n'est pas le cas des 3 000 autres primates des forêts de la région. C'est dans cette réserve que se trouve Naruto, un singe qui en 2011 avait dérobé l'appareil photo d'un photographe animalier britannique en reportage dans la jungle, David Slater: celui-ci s'était absenté quelques minutes après avoir installé son trépied et avait découvert à son retour que le macaque avait pris deux selfies avec son appareil. Les images avaient fait le tour du monde.

«Je n'aime pas abattre de singe moi-même, mais quand il est cuit, j'aime le goût, avec beaucoup d'épices. Ça ressemble un peu à du sanglier ou du chien», raconte Nita, une femme de 32 ans appartenant au peuple des Minahasan. Une fois tués, les macaques sont grillés au feu de bois - pour brûler le pelage et assurer une meilleure conservation de la viande dans cette région tropicale. Sur un marché traditionnel à Tomohon, une ville de la région, des macaques au rictus macabre occupent une place de choix au milieu d'autres espèces variées: serpents, rats, pythons, chauve-souris... On trouve aussi des chiens vivants enfermés dans des cages et promis au même sort.

En attendant, les effectifs de l'espèce se réduisent considérablement: en 40 ans, la population de macaques noirs (macaca nigra) a chuté de plus de 80%, passant de 300 primates au kilomètre carré en 1980 à 45 en 2011, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

(L'essentiel/AFP)