À Beyrouth

08 août 2020 21:19; Act: 08.08.2020 21:25 Print

Le ministère des Affaires étrangères pris d'assaut

Des manifestants ont tenté de prendre d’assaut plusieurs ministères ainsi que le quartier général des banques dans la capitale du Liban. Un policier est mort.

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Des manifestants menés par des officiers à la retraite ont pris d'assaut samedi soir le siège du ministère des Affaires étrangères à Beyrouth, le proclamant «quartier général de la Révolution».

«Nous avons pris le contrôle du ministère des Affaires étrangères, désormais quartier général de la Révolution», a annoncé dans un communiqué, depuis l'élégant perron du ministère, le général à la retraite Sami Rammah, devant quelque 200 personnes qui criaient «Révolution».

Dans le même temps, d'autres protestataires investissaient le ministère de l'Economie, celui de l'Energie et le quartier général de l'Association des Banques, dans le sillage d'une manifestation contre les autorités, auxquelles est imputée la responsabilité de l'explosion meurtrière au port de Beyrouth mardi.

Le QG des banques aussi

Les protestataires ont déroulé deux immenses banderoles rouges à l'entrée de la villa traditionnelle qui a subi des dégâts en raison de l'explosion mardi, l'une proclamant «Beyrouth, capitale de la révolution», et l'autre «Beyrouth, ville sans armes». Sami Rammah a appelé «les pays arabes frères, tous les pays amis, la Ligue arabe et l'ONU à considérer notre révolution comme le véritable représentant du peuple libanais».

Dans le centre-ville de Beyrouth, où la manifestation a dégénéré dans la soirée en violences entre les protestataires et les forces de l'ordre, un groupe de militants a pris d'assaut le ministère du Commerce.

Ils sont brièvement entrés dans le bâtiment, saisissant des piles de documents qu'ils ont éparpillés dans la rue. D'autres manifestants ont fait irruption au siège de l'Association des banques, qui cristallise la colère des Libanais depuis que les banques imposent des restrictions monstres sur les retraits et les transferts des déposants.

«A bas le règne des banques!», criaient les manifestants, mettant le feu au rez-de chaussée avant d'être délogés par l'armée, selon un photographe de l'AFP sur place.

(L'essentiel/afp)