En Ukraine

18 juillet 2014 07:39; Act: 18.07.2014 19:50 Print

Le monde entier consterné par le crash

Washington a appelé à une enquête «sans entrave», après la destruction de l'avion malaisien transportant 298 personnes dans une zone ravagée par la guerre civile en Ukraine.

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Le président américain Barack Obama a réclamé une enquête «rapide et sans entraves», lors d'une conversation téléphonique avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le pays comptait 154 ressortissants à bord. Washington est prêt à fournir «de l'aide immédiate en faveur d'une enquête internationale rapide, complète, crédible et sans entraves» en Ukraine, a assuré M. Obama. Pour «permettre aux enquêteurs internationaux un accès sûr et sans entraves au site du crash et afin de faciliter la récupération des restes des corps», les États-Unis appellent «toutes les parties concernées - la Russie, les séparatistes pro-russes et l'Ukraine - à un cessez-le-feu immédiat».

L'accident est intervenu «dans le contexte d'une crise en Ukraine alimentée par le soutien russe aux séparatistes, y compris à travers des armes, du matériel et de l'entraînement», a souligné le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest. Des experts des services de renseignement américains estiment que le Boeing 777 de Malaysia Airlines, parti d'Amsterdam pour Kuala Lumpur, a été abattu par un missile sol-air dont l'origine reste cependant encore incertaine. Les experts étudient leurs données pour savoir si l'engin a été tiré par les séparatistes pro-russes, selon un responsable sous couvert de l'anonymat. Les autorités de Kiev et les rebelles se sont immédiatement accusés d'être à l'origine d'un tir supposé avoir causé la catastrophe, sans qu'aucun élément matériel ne permette d'en attribuer solidement la responsabilité.

La moitié des passagers étaient Néerlandais

Le Canada a pointé la responsabilité russe. «Nous ne savons pas encore qui est responsable de cette attaque, mais nous continuons de condamner les actes d'agression militaire perpétrés par la Russie ainsi que l'occupation illégale de l'Ukraine, à la source du conflit actuel dans la région», a déclaré le Premier ministre, Stephen Harper, dans un communiqué. Plusieurs des passagers étaient en route vers l'Australie, via Kuala Lumpur, pour participer à la conférence internationale sur le sida, qui se tient tous les deux ans, ont indiqué vendredi les organisateurs. L'édition 2014 a lieu à Melbourne et démarre dimanche. Selon des informations de la presse australienne, non confirmées, une centaine des passagers étaient des chercheurs, des praticiens et des activistes spécialisés dans cette maladie et qui devaient prendre un vol pour Melbourne une fois arrivés à Kuala Lumpur. Parmi eux, le chercheur néerlandais Joep Lange, figure internationale de la lutte contre le sida.

Outre les 154 Néerlandais à bord, l'avion transportait 43 Malaisiens (dont 15 membres d'équipage), 27 Australiens, 12 Indonésiens, 9 Britanniques, 4 Allemands, 5 Belges, 3 Philippins, un Canadien, selon le dernier décompte fourni par Malaysia Airlines, vendredi matin. La nationalité des autres passagers était en cours de vérification. Le président français François Hollande a affirmé jeudi soir que «plusieurs Français pourraient avoir été» dans l'avion.

L'Ukraine «porte la responsabilité», selon Vladimir Poutine

Sur le lieu du crash, où gisent éparpillés un grand nombre de corps, aucun signe d'éventuels survivants n'était visible jeudi soir, selon des journalistes de l'AFP. Des morceaux du fuselage déchiqueté, dont la queue de l'appareil avec le logo de Malaysia Airlines, ainsi que des bagages, étaient disséminés sur une vaste zone autour du village de Grabove, dans la région de Donetsk (Est de l'Ukraine). Des messages affichés - et parfois rapidement enlevés - sur des sites Internet rebelles et des conversations interceptées par les services de sécurité ukrainiens laissent penser que l'appareil a pu être abattu par erreur par les rebelles, qui l'auraient pris pour un avion militaire ukrainien. Si jamais cette hypothèse, à traiter avec prudence dans le contexte d'une virulente guerre de propagande et de désinformation, se confirmait, la position des séparatistes et de leur allié Vladimir Poutine se trouverait considérablement affaiblie face à la communauté internationale.

Mais, pour le président russe, c'est l'Ukraine qui «porte la responsabilité de cette terrible tragédie». Les marchés financiers européens et américains ont décroché jeudi après l'annonce du crash, intervenue pendant la nuit en Asie, les investisseurs craignant les conséquences d'une nette escalade des tensions dans cette région en crise et ses conséquences sur l'économie mondiale. Vendredi, c'était au tour des Bourses asiatiques de reculer nettement. L'action de Malaysia Airlines, elle, plongeait de près de 20% à la Bourse de Kuala Lumpur. C'est le deuxième appareil perdu en quatre mois par la compagnie, après le MH370 mystérieusement disparu le 8 mars, alors qu'il se rendait à Pékin.

(L'essentiel/AFP)