Crise au Cachemire indien

30 août 2019 18:16; Act: 30.08.2019 18:20 Print

Le Pakistan montre son soutien au Cachemire

À l'appel du premier ministre pakistanais, des milliers de personnes sont descendus dans la rue pour protester contre la politique de New Delhi.

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Le premier ministre pakistanais Imran Khan a orchestré vendredi une manifestation nationale dédiée à la crise au Cachemire indien. Son intention était de faire monter la pression sur son homologue Narendra Modi avant l'assemblée générale de l'ONU fin septembre.

Des milliers de Pakistanais, répondant à son appel, sont descendus dans les rues pour protester contre la politique de bouclage drastique menée depuis plusieurs semaines par New Delhi dans la partie du Cachemire sous son contrôle. Les tensions demeurent très vives entre les deux grands voisins sud-asiatiques dotés de l'arme nucléaire depuis l'annonce début août par les autorités indiennes de la révocation de l'article 370 de la Constitution qui conférait un statut spécial à cette région himalayenne du Jammu-et-Cachemire.

4e semaine de couvre-feu

Le territoire en est à sa 4e semaine de couvre-feu et de blocage des communications et des milliers de personnes ont été arrêtées, ont indiqué des sources locales à l'AFP. Ces actions ont soulevé une forte émotion au Pakistan qui multiplie les protestations. Le Cachemire est disputé par l'Inde et le Pakistan depuis le partition de l'empire colonial britannique des Indes en 1947 et est divisé de fait entre les deux frères ennemis d'Asie du Sud.

A midi locale vendredi, les sirènes ont résonné dans l'ensemble du pays et les chaînes de télévision ont diffusé les hymnes du Pakistan et du Cachemire. Le trafic routier a été interrompu pendant plusieurs minutes.

La première d'une série

Cette manifestation nationale se veut la première d'une série avant le départ de M. Khan pour l'Assemblée générale de l'ONU fin septembre à New York. Il a promis de mettre le sujet sur la table et de jouer le rôle d'ambassadeur pour sa population.

Dans la capitale Islamabad, des milliers de personnes se sont rassemblées devant les bâtiments du gouvernement où l'ex-champion de cricket a prononcé un discours à la Nation. Il a promis de poursuivre la lutte pour le Cachemire et de «se battre pour sa cause dans chaque forum, jusqu'à ce qu'il soit libéré».

«Aujourd'hui, nous voulons dire aux Cachemiris que nous sommes tous avec eux, que nous partageons leur souffrance», a-t-il déclaré. Il s'en est vivement pris à son homologue indien Narendra Modi, dont il a comparé le gouvernement à celui de l'Allemagne nazie. Des milliers de Pakistanais ont également manifesté dans les grandes villes de Lahore et Karachi, scandant des slogans et agitant des drapeaux.

«Menace nucléaire»

Dans une tribune parue dans le quotidien américain New York Times, Imran Khan a estimé «impératif que la communauté internationale réfléchisse au-delà de ses avantages commerciaux et économiques». «La Seconde Guerre mondiale s'est produite suite à (une politique) d'apaisement à Munich. Une menace similaire plane à nouveau sur le monde mais cette fois sous la menace (de l'arme) nucléaire», a-t-il mis en garde. Le Pakistan majoritairement musulman et l'Inde hindou se sont livré trois guerres depuis leur indépendance et leur partition en 1947 dont deux au sujet du Cachemire.

Après la partition, le Cachemire a été divisé en deux parties, 37% pour le Pakistan et 63% à l'Inde, séparées par une Ligne de contrôle (LoC), frontière de facto. La résolution de l'ONU qui dès 1948 prévoyait l'organisation d'un référendum d'autodétermination au Cachemire est restée lettre morte face à l'opposition de New Delhi. En février, les deux puissances nucléaires étaient passées à deux doigts d'un nouveau conflit armé après la mort d'une quarantaine de paramilitaires au Cachemire indien dans un attentat revendiqué par un groupe extrémiste établi au Pakistan.

(L'essentiel/afp)