Visite du pape en Grèce

05 décembre 2021 10:42; Act: 05.12.2021 14:42 Print

«Arrêtons ce naufrage de civilisation!»

Après sa visite à Chypre puis à Athènes samedi, le souverain pontife s'est rendu au camp de Mavrovouni, qui abrite près de 2 200 demandeurs d’asile.

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Le pape sur l’île de Lesbos, le 5 décembre 2021. (photo: AFP)

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Le pape François a appelé dimanche à mettre fin à un «naufrage de civilisation» lors d'un vibrant discours au camp de migrants de Lesbos, cinq ans après sa première visite sur cette île grecque emblématique de la crise migratoire. La Méditerranée «est en train de devenir un cimetière froid sans pierres tombales (…) Je vous en prie, arrêtons ce naufrage de civilisation!», a lancé le souverain pontife, au deuxième jour de sa visite en Grèce. Dans le camp de Mavrovouni, qui abrite encore près de 2 200 demandeurs d'asile, le pape a été très chaleureusement accueilli par une foule de migrants qui s'étaient massés derrière des barrières dressées entre les conteneurs du camp.

Le Saint-Père a longuement salué et béni les familles présentes, parmi lesquelles de nombreux enfants. «Welcome!», «We love you», pouvait-on entendre. Le pape a embrassé un petit garçon et assuré à un groupe de réfugiés: «J'essaie de vous aider». Sous une tente, il a ensuite écouté, visiblement ému, les chants joyeux d'une chorale d'exilés, avant de déplorer que la Méditerranée, «berceau de tant de civilisations» soit «désormais comme un miroir de la mort», rappelant «les images crues des petits corps gisant sur les plages».

«Ne permettons pas que la mare nostrum se transforme en une désolante mare mortuum, que ce lieu de rencontre devienne le théâtre de conflits! Ne laissons pas cette mer des souvenirs devenir la mer de l'oubli», a-t-il exhorté devant la présidente grecque Katerina Sakellaropoulou, le vice-président de la Commission européenne Margaritis Schinas et le ministre grec des Migrations Notis Mitarachi.

Une quarantaine de demandeurs d'asile, en majorité catholiques originaires du Cameroun et de République démocratique du Congo, ont participé à la prière de l'Ave Maria dite par le pape. Auparavant, Christian Tango, Congolais de 31 ans, s'est adressé au pape, le remerciant pour son «esprit d'humanité» qu'il «manifeste» à tous ses «enfants migrants et réfugiés», avant de lui demander ses prières «pour avoir un lieu sûr en Europe».

(L'essentiel/afp)