Corée du Sud

27 novembre 2020 13:23; Act: 27.11.2020 13:32 Print

Le prince de la sextorsion écope de 40 ans de prison

Le procès d’un gang qui soutirait des vidéos intimes à des femmes a remis à la une le fléau du harcèlement en ligne en Corée du Sud.

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L’informaticien de 25 ans avait été arrêté en mars. (photo: AFP)

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Il avait dirigé un groupe qui avait fait chanter 74 personnes, dont 16 mineures, afin de les forcer à envoyer des vidéos à caractère sexuel. Cho Ju-bin, 25 ans, monnayait ensuite ces fichiers sur des forums et des messageries. Il a été condamné jeudi à une peine de 40 ans de réclusion au terme d’un procès qui a horrifié la société sud-­coréenne. Le tribunal a justifié sa lourde sentence par le «tort irréparable» causé à des victimes «réduites en esclavage».

L’affaire a soulevé une vague de colère dans le pays. Des millions de personnes avaient signé des pétitions pour divulguer les noms des protagonistes du gang et de ceux qui avaient dépensé jusqu’à 1 100 euros pour accéder aux vidéos extorquées.

Filmées à leur insu

Les autorités ont longtemps été accusées de laxisme face au phénomène des violences sexuelles en ligne. Dans l’un des cas les plus médiatisés de ces dernières années, un chanteur de K-pop, Jung Joon-young, avait été condamné pour avoir tourné, à l’insu de ses partenaires, des vidéos de leurs rapports sexuels et pour les avoir partagées.

La Corée du Sud a aussi été confrontée ces dernières années au phénomène du «molka», des caméras installées pour filmer secrètement les femmes dans les lieux publics, toilettes, transports ou bureaux. Des dizaines de milliers de femmes ont manifesté en 2018, à Séoul, pour demander aux autorités d’agir contre cette forme de harcèlement.

(L'essentiel/AFP)