Au Japon

13 septembre 2020 09:47; Act: 13.09.2020 09:49 Print

Le procès de l'ex-​​assistant de Ghosn s'ouvre mardi

Greg Kelly, l'ex-collaborateur de Carlos Ghosn, se retrouve avec Nissan à partir de mardi dans le box des accusés d'un procès fleuve à Tokyo, au Japon.

storybild

Greg Kelly (à gauche) et Carlos Ghosn. (photo: AFP/Behrouz Mehri)

Sur ce sujet
Une faute?

L'ancien collaborateur de Carlos Ghosn, Greg Kelly, se retrouve avec Nissan à partir de mardi dans le box des accusés d'un procès fleuve à Tokyo, relatif aux paiements différés supposés avoir été promis en cachette à l'ancien magnat de l'automobile. Depuis la fuite rocambolesque au Liban de son ancien grand patron, lequel a ainsi échappé à la justice japonaise, M. Kelly se retrouve en première ligne sur ce volet de la tentaculaire affaire Ghosn. Ce juriste américain, dont le 64e anniversaire coïncide avec la date d'ouverture du procès, est aussi la seule personne physique à y être jugée, Nissan comparaissant en tant que personne morale.

Le procès doit durer environ dix mois et intervient près de deux ans après l'arrestation au Japon de MM. Ghosn et Kelly. La question centrale promet des débats arides: de 2010 à 2018, Nissan et Greg Kelly ont-ils illégalement et sciemment omis de mentionner dans les rapports boursiers annuels du groupe une rémunération totale d'environ 9,2 milliards de yens (73 millions d'euros) que M. Ghosn était censé toucher plus tard? Oui, dit Nissan, qui va plaider coupable pour sa part selon plusieurs sources interrogées par l'AFP. Greg Kelly clame en revanche son innocence depuis le début, tout comme Carlos Ghosn. «Je n'ai rien fait de mal», a-t-il réaffirmé dans un entretien à l'AFP début septembre.

Témoins apeurés

Sur ces paiements différés, «Carlos Ghosn n'a jamais perçu quoi que ce soit et n'a jamais obtenu la promesse de quoi que ce soit», a-t-il ajouté. Nissan et le parquet assurent au contraire avoir accumulé des preuves selon lesquelles ces paiements futurs avaient été garantis à M. Ghosn. Ils auraient donc dû être déclarés dans les rapports du constructeur automobile, en vertu des règles boursières japonaises.Les enquêteurs ont amassé une somme astronomique de documents dans ce dossier. La défense de M. Kelly se plaint toutefois de n'avoir eu accès qu'à une fraction de ces pièces. Mais «nous n'avons pas d'autre choix que d'essayer de commencer enfin le procès», a déclaré à l'AFP l'un de ses avocats, James Wareham.

L'ouverture du procès a été reportée cinq fois, et son client, libéré sous caution depuis Noël 2018 mais avec l'interdiction de quitter le Japon, souhaite avancer dans l'espoir de retrouver un jour ses proches aux Etats-Unis, a-t-il ajouté. Même si M. Kelly encourt jusqu'à dix ans de prison et que le taux de condamnation au pénal est extrêmement élevé au Japon (plus de 99%), «il y a toujours une chance raisonnable qu'il soit acquitté», selon l'avocat. Mais son client part aussi avec un autre sérieux désavantage. «Des témoins étrangers très utiles pour M. Kelly n'ont pas confiance dans le système judiciaire japonais», craignant de tomber dans un piège et d'être arrêtés dès leur arrivée au Japon, comme M. Kelly fin 2018. «Ils ont peur. Ils ne viendront pas témoigner au Japon», a déploré Me Wareham. Le parquet et le tribunal ont par ailleurs rejeté la demande du camp Kelly d'autoriser des témoins à être auditionnés hors du Japon par vidéoconférence.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Ronaldu le 13.09.2020 10:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    10 mois de procès pour ça ? Ils veulent lui faire payer cher la fuite de son ancien patron.

  • Tête de turc le 14.09.2020 07:58 Report dénoncer ce commentaire

    M Ghosn a été payé des millions pour sauver de la faillite et redresser Nissan. Ils était tous d'accord. Un fois que c'était fait les japonais ont récupéré un des fleurons de leur industrie en récession. Comme ils n'ont pas réussi à le coincer, ils cherchent d'autres coupables pour justifier leurs actes. Ils vont vouloir faire un exemple!

  • Résident le 13.09.2020 20:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Triste mais nous nous empêcherons pas d'être dépourvu d'empathie car il s'agit d'un homme du système et que les peuples ne souhaitent plus de ce système.

Les derniers commentaires

  • Tête de turc le 14.09.2020 07:58 Report dénoncer ce commentaire

    M Ghosn a été payé des millions pour sauver de la faillite et redresser Nissan. Ils était tous d'accord. Un fois que c'était fait les japonais ont récupéré un des fleurons de leur industrie en récession. Comme ils n'ont pas réussi à le coincer, ils cherchent d'autres coupables pour justifier leurs actes. Ils vont vouloir faire un exemple!

  • Résident le 13.09.2020 20:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Triste mais nous nous empêcherons pas d'être dépourvu d'empathie car il s'agit d'un homme du système et que les peuples ne souhaitent plus de ce système.

  • Ronaldu le 13.09.2020 10:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    10 mois de procès pour ça ? Ils veulent lui faire payer cher la fuite de son ancien patron.