En Afghanistan

04 octobre 2021 07:19; Act: 04.10.2021 11:32 Print

Le système de santé au bord de l’écroulement

Depuis l’arrivée au pouvoir des talibans, une partie de l’économie afghane est à l’arrêt à cause du gel de l’aide internationale et des avoirs afghans à l’étranger.

storybild

Certains hôpitaux afghans sont surpeuplés. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

À Kaboul, le principal hôpital Covid du pays n’a de quoi tenir financièrement que quelques semaines encore. Comme la plupart des structures de santé du pays fonctionnant sur les dernières réserves, sans le retour des subventions internationales, il devra fermer.

«D’ici un mois peut-être, nous ne pourrons plus rien pour nos patients Covid ni pour nos équipes», alarme Freba Azizi, médecin à l’hôpital afghano-nippon de Kaboul, le seul établissement de la ville doté d’une réanimation Covid et d’autres services de pointe. «Il y aura des morts tous les jours», avertit le Dr. Azizi, également responsable de la gestion des subventions pour l’établissement. Ce jour-là, il y en a déjà eu un dans le service. Un homme de 32 ans arrivé avec une pneumonie carabinée et qui n’a pas pu être sauvé, malgré les 13 minutes de massage cardiaque pratiqué par le docteur Noorali Nazarzai. Comme tous les autres collègues du service, l’urgentiste travaille bénévolement depuis trois mois.

Économie à l’arrêt

Sinistrée par des décennies de guerre, l’économie afghane est en partie à l’arrêt depuis que les talibans ont repris le pouvoir à la mi-août, en raison du gel de l’aide internationale et des avoirs afghans détenus à l’étranger, notamment à Washington. Or, sans les financements internationaux, de nombreuses ONG, sur lesquelles reposait largement le système de santé jusque-là, sont à court d’argent ou ont dû cesser leurs opérations. «C’est cela qui paralyse le système de santé», a indiqué à l’AFP Alexander Matheou, directeur Asie-Pacifique de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

En raison du manque de liquidité, la Croix-Rouge internationale estime que plus de 2000 structures de santé ont fermé et quelque 23’000 travailleurs de santé, dont 7000 femmes, ne reçoivent plus de salaire ou ont dû s’arrêter de travailler, estime l’organisation internationale.

«Manque de tout»

Dans cette apnée financière généralisée, l’ensemble des structures de santé du pays fonctionne désormais en mode dégradé. À l’hôpital de Kandahar, au sud du pays, les médecins sont en plein cauchemar: avec l’arrêt des combats, l’afflux de patients a doublé et le tableau de service du personnel s’est vidé. «On manque de tout. Il nous faudrait le double de matériel et de personnel», constate Mohammad Sidiq, chef de l’unité pédiatrique de l’hôpital Mirwais de Kandahar. L’hôpital emploie désormais seulement 10 infirmiers et infirmières, le tiers de l’effectif habituel, chacun payé environ 130 euros (140 francs) par mois.

Dans des chambres surpeuplées, les petits patients dans un état parfois critique partagent à plusieurs le même lit. Parmi eux, un bébé de 11 mois qui ne pèse que 5,5 kg, la moitié du poids qu’il aurait dû atteindre. Plus loin, un enfant de cinq ans, gît sur un lit. Arrivé avec une pneumonie et dans un état de dénutrition avancé, il a été placé sous perfusion. «Je n’ai pas pu l’amener à l’hôpital avant parce qu’il y avait des combats», explique sa mère. Dans le nord du pays, l’avancée des talibans et l’intensité des combats ont enclavé la population pendant des mois. Dans la ville de Balkh, le docteur Muzhgan Saidzada explique au téléphone à l’AFP que «les routes sont restées fermées à cause de la guerre et les gens ne pouvaient pas accéder à a hôpital». «Mais maintenant les patients sont bien plus nombreux qu’avant», témoigne le médecin de 28 ans de l’hôpital Abo Ali Sina.

(L'essentiel/AFP)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Et on fait les innocents etonnés.... le 04.10.2021 07:34 Report dénoncer ce commentaire

    Quand l'argent des occidentaux dédié au pays remplit que les poches des privilégiés qui fuient après avec le butin, c'est normal non? Pourquoi on s’étonne? Pillage ici, pillage là bas et les peuples dans la panade.

  • Le Pourri belge le 04.10.2021 12:17 Report dénoncer ce commentaire

    EN AFGHANISTAN: Le système de santé au bord de l’écroulement? En voilà une nouvelle, je ne savais pas qu'il y avait un système de santé

  • ClearView le 04.10.2021 13:43 Report dénoncer ce commentaire

    Ce n'est plus notre problème. Qu'ils s'adressent aux chinois, aux russes ou à l'Arabie Saoudite.

Les derniers commentaires

  • Jeff le 04.10.2021 16:03 Report dénoncer ce commentaire

    Et voilà les garants de leur dieu en proie avec la réalité. Je ne sais pas comment exprimer mon mépris pour cette bêtise. Leurs armes tuent plus vite que le Covid, mais d'un seul côté du canon.

  • ClearView le 04.10.2021 13:43 Report dénoncer ce commentaire

    Ce n'est plus notre problème. Qu'ils s'adressent aux chinois, aux russes ou à l'Arabie Saoudite.

    • voleurs le 04.10.2021 14:13 Report dénoncer ce commentaire

      Que le gouvernement et l'armée de ce pays commencent par rendre à la population ce qu'ils lui ont volé (des milliards de dollars) !!

  • George le 04.10.2021 12:40 Report dénoncer ce commentaire

    et ?

  • Le Pourri belge le 04.10.2021 12:17 Report dénoncer ce commentaire

    EN AFGHANISTAN: Le système de santé au bord de l’écroulement? En voilà une nouvelle, je ne savais pas qu'il y avait un système de santé

    • Nos futurs voisins ... le 04.10.2021 13:02 Report dénoncer ce commentaire

      @ Le Pourri belge, moi non plus !!!

  • AFP devrait plutot parler de la France le 04.10.2021 10:55 Report dénoncer ce commentaire

    Le système de santé en France est en train d'exploser en vol, avec des dizaines de milliers de départs, plus de 5700 lits fermés depuis début 2020, et des services qui ne fonctionnent plus qu'à 25% de leurs capacités. Avant de parler des autres, l'AFP devrait regarder ce qu'il se passe actuellement en France ...

    • packtiech le 04.10.2021 12:24 Report dénoncer ce commentaire

      excellent! Bien dit!