Thaïlande

19 juin 2019 08:51; Act: 19.06.2019 10:36 Print

Le tourisme explose à la grotte des ados piégés

Après l'incident survenu en 2018, lors duquel douze enfants et leur entraîneur se sont retrouvés bloqués, le nombre de visiteurs sur le site a explosé.

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Les autorités ambitionnent de faire du lieu un pôle touristique majeur pour la région. (photo: AFP/Lillian Suwanrumpha)

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Sumalee dépose des fleurs blanches et s'incline devant la statue de Saman Kunan. Ce plongeur est décédé lors du spectaculaire sauvetage des jeunes joueurs de foot thaïlandais et de leur entraîneur, piégés il y a un an dans une grotte du nord de la Thaïlande, devenue aujourd'hui un haut lieu touristique.

«Je devais être ici pour lui rendre hommage», raconte l'infirmière, venue avec ses deux garçons de Chiang Mai, à plus de 250 kilomètres. «Il est le héros de tout un pays. Il a sauvé nos enfants», douze adolescents d'une équipe de foot, les «Sangliers sauvages», pris au piège pendant plus de deux semaines dans cette grotte inondée, en pleine saison de la mousson.

«Nous avons reçu 1,3 million de touristes»

Avant l'opération internationale de secours qui a mobilisé jour et nuit des centaines de sauveteurs et tenu en haleine des millions de personnes à travers le monde, le site, au cœur d'une zone montagneuse et enclavée du nord du pays, était un lieu tranquille, loin des circuits touristiques.

La grotte de Tham Luang accueillait 5 000 visiteurs par an avant la mésaventure des «Sangliers sauvages», d'après Kawee Prasomphol, responsable du site. Cette année, «d'octobre à avril, nous avons reçu 1,3 million de touristes» thaïlandais mais aussi étrangers, avec des pics de 25 000 visiteurs par jour pendant le week-end du jour de l'An, se félicite-t-il.

Un pôle touristique majeur

«C'est extraordinaire ce qui est arrivé ici. J'ai tout suivi depuis l'Australie. Je voulais voir cet endroit de mes propres yeux», raconte John Mc Gowan, un Australien en vacances dans la région, «déçu» de ne pas pouvoir entrer dans la grotte, toujours fermée au public pour des raisons de sécurité. «Cela a été un combat contre la nature. Quand tout le monde unit ses forces, on est capable de grandes choses», relève son compatriote Peter.

Les autorités ambitionnent de faire du lieu un pôle touristique majeur pour la région. Près de la statue de Saman Kunan et de l'entrée de la grotte, un centre d'information a ouvert ses portes. Il abrite une gigantesque peinture, intitulée «Les héros», qui représente les enfants, âgés à l'époque de 11 à 16 ans, au milieu des secouristes, sous l'œil bienveillant du Premier ministre Prayut Chan-O-Cha.

«Je peux vendre 4 000 tickets par mois»

Tee-shirts à 7 euros, pins, affiches, porte-clés à 3 euros: à la boutique du centre d'information, l'histoire des «Sangliers sauvages» se décline sous toutes les formes. Et quelque 250 échoppes ont poussé sur la route qui mène au site, proposant nourriture, vêtements et souvenirs.

«Je peux vendre 4 000 tickets par mois», se réjouit Kraingkrai, un des premiers arrivés. Toutefois, depuis le début de la saison des pluies en mai, le flot des visiteurs s'est tari. «Il y a des jours où je gagne 200 ou 300 bahts (6 à 8 euros), cela ne rembourse pas le prix que je paye pour avoir le droit d'être ici», déplore Somjit, venue de la ville voisine de Mae Sai, à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, pour vendre chapeaux et vêtements traditionnels.

(L'essentiel/afp)