En Thaïlande

26 juin 2020 14:04; Act: 26.06.2020 14:04 Print

Les autorités vont brûler 25 tonnes de drogues

Bangkok va détruire pour 1,5 milliard d’euros de stupéfiants et tente de s’attaquer aux réseaux de blanchiment qui gangrènent le royaume.

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Plaque tournante du trafic de drogues en provenance du «Triangle d'Or», la Thaïlande a annoncé vendredi qu’elle allait détruire d'ici mi-juillet plus de 25 tonnes de stupéfiants - dont 24 de méthamphétamines - d'une valeur marchande d'1,5 milliard d'euros, du jamais vu.

Ces dizaines de millions de pilules de «yaba» (comprimés de méthamphétamine) et ces centaines de kilos de cristaux de meth «Ice» (glace en anglais) étaient destinés au marché local mais aussi à l'exportation avec des bénéfices bien plus juteux. Le prix du «yaba» triple en Malaisie et l’«Ice» se revend plusieurs centaines de dollars le gramme dans les rues en Australie.

113 comptes en banque

La Thaïlande, qui s'est contentée pendant longtemps de s'attaquer aux petits trafiquants, très nombreux derrière les barreaux, donne aussi des coups de pied dans les circuits du blanchiment, avec le démantèlement de plusieurs réseaux ces derniers temps.

Mi-juin, la police a révélé avoir fait tomber l'un d'entre eux, soupçonné d'avoir blanchi au moins 100 millions de dollars via 113 comptes en banque. Le gang était contrôlé depuis une prison par Daoreung Somseang, une Thaïlandaise déjà détenue pour trafic de stupéfiants, a appris l'AFP de sources policières.

«Il jongle avec un énorme volume d'argent»

L'argent de la drogue était notamment réinjecté dans des magasins d'or du royaume, le secteur pétrolier ou la construction, ont-elles ajouté. Cette affaire montre «l'ampleur et la sophistication» de ces organisations, relève Jeremy Douglas de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Le réseau de Daoreung Somseang «n'est même pas un super-syndicat (...), mais il jongle avec un énorme volume d'argent», souligne-t-il. Au final, «au moins 12 milliards de bahts (346 millions d'euros) d'actifs liés à la drogue» dorment aujourd'hui dans les banques du pays, a déclaré cette semaine, lors d'un point presse, le ministre thaïlandais de la Justice, Somsak Thepsuthin.

L'argent est ensuite réinvesti dans le pétrole, la construction, l'immobilier, une partie s'évanouit dans d'opaques cryptomonnaies.

(L'essentiel/afp)