Vol MH370

08 avril 2014 08:47; Act: 08.04.2014 10:59 Print

Les boîtes noires menacent de se taire à jamais

Le dernier espoir pour retrouver le Boeing 777 disparu il y a tout juste un mois, repose sur un véhicule sous-marin, qui sera déployé d'ici quelques jours.

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Pour l'ancien chef des armées australiennes, Angus Houston, qui coordonne les opérations au large de la côte occidentale de l'Australie, il ne reste que peu d'espoirs de retrouver des débris flottants de l'appareil, qui s'est abîmé dans le sud de l'océan Indien le 8 mars, avec 239 personnes à bord. Les signaux acoustiques émanant des fonds marins et détectés ce week-end par le navire australien Ocean Shield, sont la meilleure piste actuelle, selon le coordinateur des recherches.

Ils sont «compatibles» avec les ultrasons émis par des boîtes noires, un possible tournant dans les opérations de recherche, avait indiqué lundi l'Australie. Les signaux suggèrent que les enquêteurs sont désormais «très près de l'endroit où (ils) doivent être», selon Angus Houston. Un véhicule sous-marin autonome, le Bluefin-21, sera déployé au fond de l'eau à la recherche de l'épave, mais sans doute pas avant plusieurs jours, les autorités espérant capter de nouveaux signaux afin de mieux circonscrire la zone de recherches.

Elles cesseront d'émettre

«Nous devons continuer la détection de signaux pendant plusieurs jours, jusqu'à ce que nous soyons certains que les batteries sont à plat» et qu'on ne puisse donc plus rien capter, a déclaré le coordinateur des opérations. «Nous avons besoin d'une transmission supplémentaire afin de mieux définir la zone de recherche». Le Bluefin-21, un véhicule sous-marin de la forme d'une torpille et long de 4,93 mètres, est équipé d'un sonar. Ce robot est utilisé pour les relevés de fonds marins, dans les opérations de recherche, de récupération d'épaves, en archéologie et en océanographie, ainsi que dans la détection de mines sous-marines.

Si son sonar capte un signal, le Bluefin-21 sera remonté à la surface, équipé d'une caméra et renvoyé au fond. Mais l'appareil ne peut pas porter à la fois un sonar et une caméra. «C'est un processus long et très difficile, surtout quand on fouille le tréfonds de l'océan», a souligné l'ancien chef des armées. «On va effectuer sortie après sortie jusqu'à ce que nous détections quelque chose d'anormal sur le fond marin». Le robot pèse quelque 750 kg et peut rester sous l'eau pendant 20 heures mais il ne peut opérer que jusqu'à 4 500 mètres sous l'eau au maximum, la profondeur d'où provenaient les signaux détectés.

«Il ne peut pas aller plus bas. On est donc vraiment à l'extrême limite», a noté Angus Houston. Les recherches se concentrent sur un arc de 600 km de longueur, dans le sud de l'océan Indien, à plus de 2 300 km au nord-ouest de Perth (côte occidentale de l'Australie). Si la piste des signaux acoustiques se confirmait, cette avancée serait aussi spectaculaire qu'inespérée, survenant alors même que les boîtes noires du vol MH370 menacent de se taire à jamais après une trentaine de jours d'immersion, délai au-delà duquel elles cessent d'émettre.

(L'essentiel/AFP)